L’aéroport international de Hong Kong n’est plus opérationnel ce lundi 12 août 2019.
REUTERS/Thomas Peter
Par RFI Publié le 12-08-2019 Modifié le 12-08-2019 à 11:28

Le « sit-in » organisé depuis ce week-end à l’aéroport international de Hong Kong n’a manifestement pas plu à Pékin. Or, il continue de plus bel, puisque qu’au moins 5 000 manifestants y sont encore massés ce lundi 12 août. Les vols sont annulés pour la journée, et la compagnie Cathay Pacific rappelle à ses équipes que soutenir ou participer au mouvement de révolte pourra conduire au licenciement.

Les autorités aéroportuaires hongkongaises ont annoncé ce lundi que les vols au départ et à l’arrivée de la région administrative spéciale ne seraient pas assurés en raison d’une manifestation dans le hall principal, très animé depuis vendredi.

« À l’exception des vols au départ dont l’enregistrement est terminé et des vols à l’arrivée qui sont déjà en route pour Hong Kong, tous les autres vols ont été annulés pour le reste de la journée », peut-on lire dans un communiqué.

En 2018, l’aéroport de Hong Kong était le huitième le plus fréquenté au monde, avec 74 millions de passagers. Depuis vendredi, des milliers de manifestants pour la plupart vêtus de noir y sont massés pour sensibiliser les visiteurs étrangers.

Ils chantent, clament des slogans et distribuent des prospectus expliquant le sens des manifestations pro-démocratie qu’ils organisent en ville depuis des semaines. Un moyen pour eux de rallier les personnes passant par là à leur cause.

Les autorités relatent que les opérations aéroportuaires « ont été gravement perturbées du fait des rassemblements publics » ce lundi. Selon elles, le trafic vers l’aéroport est « très encombré » et les parkings sont totalement pleins.

Aussi, la compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific est plus que jamais sous pression. Sa direction a réaffirmé à ses salariés qu’ils pourraient être licenciés s’ils « soutiennent ou participent aux manifestations illégales » de Hong Kong.

« Cathay Pacific a une politique de tolérance zéro concernant les activités illégales », prévient le directeur général de la compagnie, Rupert Hogg, dans un message aux personnels, promettant des « conséquences disciplinaires ».

« Ces conséquences peuvent être graves et impliquer la résiliation du contrat de travail », car à ses yeux, les « actions et paroles de nos employés en dehors des heures de travail peuvent avoir un impact important sur la société ».

Vendredi, la direction générale de l’aviation civile chinoise avait demandé à ce groupe, fondé par des Anglo-Saxons pendant la colonisation britannique, de lui transmettre les noms des personnels à bord de ses vols passant par le continent.

Pékin avait indiqué que les employés soutenant la fronde contre le projet de loi sur les extraditions ne seraient pas autorisés sur les vols à destination de la Chine populaire ou passant par son territoire aérien. La direction s’y est pliée.

La mobilisation née il y a deux mois à Hong Kong constitue pour Pékin le plus grand défi depuis la rétrocession de ce territoire à la Chine en 1997. Et Cathay, dont deux employés ont été limogés samedi, est propulsée en première ligne.

Les médias de l’ancienne colonie de Sa Majesté pensent que c’est en rapport avec le mouvement. Les deux personnes limogées seraient accusées d’avoir fait fuiter le détail de l’itinéraire d’une équipe de football de la police hongkongaise.

Cathay Pacific est dans une position délicate, notamment depuis que les médias ont aussi rapporté qu’un troisième employé, un pilote, avait été inculpé pour avoir participé à une manifestation qui a dégénéré. Ce dernier a été suspendu.

Le syndicat des personnels de bord est aussi visé. Lundi dernier, il avait apporté son soutien à la grève générale organisée à Hong Kong, déplorant que le gouvernement ait « ignoré les revendications » et se soit montré violent.

Après avoir comparé le mouvement aux « révolutions de couleur » pour le discréditer, le pouvoir central chinois a passé un cap ce lundi dans la réthorique, parlant de « terrorisme » après les nouvelles violences survenues dimanche.