73 000 personnes vivent dans le campement de al-Hol au Kurdistan syrien selon l’ONU, dont 12 000 étrangers de familles jihadistes étroitement surveillés.
AFP PHOTO/GIUSEPPE CACACE
Par RFIPublié le 14-10-2019 Modifié le 14-10-2019 à 14:10

Quelque huit cents personnes, proches de jihadistes détenus au camp d’Aïn Issa, au nord de Raqqa, se sont évanouies dans la nature en marge de l’offensive turque contre les Kurdes. Il y a clairement une crainte de résurgence du groupe État Islamique.

Difficile de dire dans quelles conditions ces familles de jihadistes ont pu fuir. Ici, en France, la mère d’une de ces jihadistes affirme avoir échangé avec sa fille détenue jusque-là au camp d’Aïn Issa, au nord de Raqqa. Elle accuse les autorités kurdes de les avoir sciemment libérées. Son témoignage est recueilli par nos collègues de Radio France.

Quelle version accréditer ? Les Kurdes ont-ils réellement libéré ces jihadistes, dans une tentative désespérée d’attirer l’attention et d’obtenir une aide internationale après avoir été abandonnés par Washington ? La question reste sans réponse pour le moment.

C’est la version que semble accréditer le président américain. « Les Kurdes pourraient être en train d’en relâcher quelques-uns pour nous forcer à nous impliquer », a tweeté le président américain. Donald Trump a assuré que ces jihadistes pouvaient être « facilement recapturés par la Turquie ou les pays européens d’où beaucoup sont originaires, mais ils doivent agir vite », ajoute t-il.

Ce qui est certain, c’est que depuis des mois, les Kurdes implorent les pays occidentaux de rapatrier leurs ressortissants jihadistes, de peur qu’ils ne parviennent à s’échapper en cas d’offensive turque. C’est ce qu’il se passe en ce moment.

Autre interrogation, que fera le régime de Damas de tous ces jihadistes occidentaux présents dans le nord-est syrien ? Les forces de Bachar al-Assad se déploient en ce moment même dans cette région pour protéger leur territoire, à la suite d’un accord conclu avec les Kurdes.

Les autorités semi-autonomes du Kurdistan syrien ont pactisé avec Damas. Seul choix qui s’offrait à elles pour protéger les civils bombardés par la Turquie.