Les Parisiens font la queue devant un célèbre magasin de la capitale. Le 28 mai 2020. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Texte par : Nicolas Rocca
Publié le : 29/05/2020 – 17:40

Alors que le déconfinement va entrer dans une nouvelle phase à partir du 2 juin, le gouvernement français a annoncé que des nouveaux indicateurs permettraient de suivre l’évolution de l’épidémie. Des seuils à ne pas dépasser ont été fixés afin de pouvoir éventuellement prendre des décisions en conséquences. Incidence, taux de reproduction, tests et réanimation. RFI vous explique.

En France, le déconfinement se joue à l’échelle locale. La majorité des régions pourront ouvrir les restaurants intégralement le 2 juin, mais en île de France par exemple, seule les terrasses sont autorisées. Ainsi, le gouvernement poursuit cette logique, et a défini quatre critères pour différencier chaque département et lui attribuer une couleur (rouge, orange, verte) et suivre l’évolution de l’épidémie à l’échelle locale.

L’incidence

Le taux d’incidence ou bien la « pression épidémique » correspond au nombre d’infectés par semaine sur 100 000 habitants. Lors des annonces, le 28 mars l’incidence était de 6,14 sur 100 000. Deux seuils sont fixés, tout d’abord celui de vigilance à 10 et puis le seuil d’alerte à 50. Cette dernière option pourrait pousser les autorités de santé locale à prendre des mesures similaires à celles connues durant le confinement ou durant cette première phase de déconfinement, comme la limitation des transports publics ou des déplacements.

Le taux de reproduction

R ou le taux de reproduction effectif représente le nombre moyen de personnes contaminées par un malade. Si R est de 1 cela signifie qu’une personne malade n’en infecte qu’une autre. Lorsqu’il est inférieur à 1 cela signifie que l’épidémie recule, quand il supérieur cela signifie que l’épidémie repart. Selon la communication du ministère, le 28 mars, il était de 0,77 dans le territoire français, donc 10 personnes malades ne transmettent le virus qu’à 7,7 personnes. Un chiffre qui incite à l’optimisme mais qui a augmenté depuis la mi-mai où il était tombé à 0,6.

Cet indicateur a déjà été mentionné par le passé, mais sans pour autant que le gouvernement ne dévoile la courbe de cet indicateur. Comme pour l’incidence en Allemagne, l’exécutif a centré sa gestion de crise notamment sur ce critère.

Les tests positifs

Il s’agit ici de la mesure des tests virologiques, qui via un prélèvement nasal détermine si une personne est contaminée ou non à un instant t. Alors qu’il a pu être aux alentours des 20% durant la phase épidémique, le ministre de la santé affirme « qu’il n’est plus que de 1,9% ». Une baisse qui s’explique autant par la chute de la transmission du virus, que par la hausse (encore limitée) de la capacité de tests en France. Tous les départements sont en verts à l’exception de la Guyane qui connaît un taux de positivité de 10%

Le taux des lits en réanimation

C’est celui qui surprend le moins. Dès le début de la crise, le taux des lits en réanimation est au cœur de la communication du gouvernement, c’est certainement l’un des indicateurs les plus suivis. À l’heure actuelle, la situation s’est nettement améliorée, le pic de 7 148 patients du 6 avril est désormais loin. Pour autant, l’exécutif a fixé un seuil de vigilance entre 40% et 60% et un seuil d’alerte entre 60% et 80% d’occupation de lits de réanimation. Ce taux se calcule à l’échelle régionale et deux d’entre elles ne sont pas vertes : l’Île de France (orange) et Mayotte (rouge). En revanche le Grand-Est, où se trouvait l’un des premiers foyers épidémiques semble sur la bonne voie, en dessous du niveau fatidique des 40%.