Benoit DEGHAUD est aujourd’hui Professionnel de Handball après 4 années de Sport/Etudes et deux années au Centre de Formation de Sélestat dans le Grand Est.
Il aime le pays de son père, la République Centrafricaine, et compte s’impliquer pour aider les jeunes Centrafricains.
Il sait ce qu’il veut, il sait où il va.
Mbi la gué s’est entretenu avec lui ce jour.
Comme disent les membres de sa communauté centrafricaine, Benoit DEGHAUD fait partie de « la Centrafrique qui gagne ».
Suivons-le!

Bonjour M. Benoit DEGHAUD, j’ai ouï dire que vous êtes un grand Handballeur. Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qui êtes-vous, quel âge avez-vous et où allez-vous avec le Handball ?
Je m’appelle Benoit DEGHAUD, j’ai 21 ans, je suis originaire de Strasbourg. J’ai un père Centrafricain et une mère Algérienne. Cela fait maintenant une année que je suis Professionnel dans le Handball. C’est un début de carrière et j’espère que je pourrai aller le plus loin possible.

Comment avez-vous commencé avec le Hand ? Pourquoi le Hand et pas le Basketball, le Football. Nous voyons la plupart des jeunes issus de l’immigration, ceux qui sont d’origine africaine ou autre préférer le Football au Handball. Cela a commencé comment ?
J’ai commencé par le foot d’abord jusqu’à mes 13 ans. Puis j’ai arrêté et fais un an sans sport. Et j’avais un ami qui faisait du Hand. J’ai alors décidé de faire un entraînement avec lui et j’ai continué jusqu’aujourd’hui.

Avez-vous fait Sport/Etudes ou alors vous avez évolué dans un club ? Comment cela s’est-i passé avec le Handball pour que vous soyez aujourd’hui un professionnel ?
Oui, je suis passé par le Sport/Etudes pendant quatre années. Ensuite j’ai enchaîné avec deux années en Centre de formation dans un Club professionnel et aujourd’hui je suis Professionnel dans ce même Club.

Pour ceux qui ne savent pas, pour moi qui ne sais pas, être Pro (Professionnel) c’est quoi ?
Etre Pro c’est avoir un salaire fixe tous les mois, travailler à temps plein, être salarié du Club.

Est-ce que vous aimez ?
Oui j’aime ?

Vers où vous projetez-vous ? C’est quel championnat ? Parlez-nous un peu de tout cela !
C’est un peu près le même principe que le Foot, il y a la 1ère et la 2ème Division, il y a aussi les Divisions en-dessous. Il existe la Ligue des Champions, tout ce qui est Coupe d’Europe, Championnat du monde, Championnat d’Europe. C’est le même système qu’au Foot.

Et votre Club, il se situe où ? 1ère, 2ème Division ?
Nous nous sommes Haut de tableau de 2ème Division, c’est comme si nous étions en Ligue 2 pour ceux qui connaissent le Foot.

Vous pensez arriver en 1ère Division ?
Oui, l’année prochaine nous espérons.

Sur le terrain vous avez quel statut ?
Sur le terrain, mon poste c’est le poste de Demi-centre. Si l’on peut rapprocher cela au Basket c’est comme Meneur de jeu.

Etes-vous un bon Meneur de jeu ?
Oui je pense. Oui.

Votre équipe vous a-t-elle donné un petit surnom ? Est-ce que l’on vous appelle Benoit ?
Non. On m’appelle soit Ben, soit Djibril en référence à Djibril CISSE comme je me teins souvent les cheveux

Est-ce que vous jouez très bien ?
Cela c’est à mes coéquipiers de le dire.

Mais il parait !
Je ne sais pas. Je pense que oui, je dois me débrouiller un peu quand même !

Vous avez dit au début de l’entretien que vous avez un père Centrafricain et une mère Algérienne. Vous êtes plus proche de quelle culture ? Un mélange des deux ? Plus Français, Centrafricain ou Algérien ? Benoit DEGHAUD c’est qui ?
J’ai toujours été plus avec mon père. J’ai été deux fois en Centrafrique. Je me rapproche plus de ma culture centrafricaine. Je suis plus souvent avec ma famille paternelle que maternelle.

Qu’est-ce que vous aimez du côté de votre famille centrafricaine ? Qu’est-ce qui est beau, qu’est-ce qui est bien ? Qu’ets-ce que vous aimez ?
On mange bien, on fait la fête, on fait du bruit, on est beaucoup, une bonne ambiance. Voilà !

Donc les relations humaines, la famille ?
Oui les relations humaines, la famille, le fait que l’on soit beaucoup et de la même génération. C’est cela qui a fait que je me sois plus rapproché du côté de la famille de mon père que de ma mère.

Avez-vous envie de repartir en Centrafrique ?
Oui, c’est ce que j’aimerai faire dans les 5 prochaines années à venir.

Qu’est-ce que vous connaissez de la Centrafrique si vous lisez et voyez l’actualité ? Pour vous la République Centrafricaine c’est quoi ?
Des vagues souvenirs que j’ai de lorsque j’étais petit. La dernière fois que j’y suis allé c’est avant que tous les problèmes éclatent dans le pays. Aujourd’hui les seules images que je peux avoir de la Centrafrique ce sont des photos que je vois sur Facebook, tout ce qui est reportage, tout ce que je vois sur les réseaux sociaux. J’aimerai bien y retourner pour voir ce que c’est devenu depuis mon dernier voyage.

Avez-vous des projets pour la RCA ?
Avec mes cousins, nous réfléchissons à beaucoup de choses, voir ce que nous pouvons faire de notre côté pour essayer d’aider les jeunes Centrafricains. C’est quelque chose qui nous tient à cœur. Quand on parle de l’Afrique, on ne parle pas forcément de la Centrafrique. Quand on nous demande de quelle origine on est et que l’on répond Centrafricaine, la plupart des personnes ne savent pas où est le pays, où est-ce qu’il se situe. Ils disent oui la Centrafrique mais quel pays au centre de l’Afrique! Et l’on est obligé de leur expliquer que c’est un pays.
Oui, ce serait bien que les Centrafricains se montrent un peu. Il y a une danseuse sur les réseaux sociaux. Elle « marche » très bien sur Instagram en ce moment. Ce serait bien qu’il y en ait plus qui soient plus populaires.

Vous estimez que vous pouvez être ce modèle et incarner le Centrafricain, le jeune Centrafricain qui a une ambition, qui a réussi et qui peut insuffler un nouveau souffle et entraîner d’autres ?
Je ne sais pas si je vais l’être mais j’espère que je peux l’être et qu’à l’avenir des jeunes Centrafricains pourront prendre exemple sur moi.

Quel message pour les jeunes Centrafricains qui aimeraient devenir Professionnels dans leur domaine de prédilection dans le sport, Football, Handball, Basketball ! Qu’est-ce que vous pouvez leur dire vu le parcours que vous avez eu ?
Tout d’abord de ne pas avoir peur de se battre, de ne pas chercher d’excuses. Il leur faut énormément travailler. Ce n’est facile pour personne. Je connais de nombreuses personnes, pas seulement des Centrafricains, mais d’autres origines d’Afrique qui disent qu’en France c’est plus facile, que dans certains endroits en Europe c’est plus facile. Je dis non, c’est partout. Que ce soit là-bas ou ici, il ne faut pas hésiter à se battre et à ne rien lâcher. Et même s’ils ont des opportunités ici ou là-bas, il faut qu’ils les saisissent et qu’ils se donnent à 200%

Merci beaucoup Benoit DEGHAUD, 21 ans, Pro en Handball dans une équipe en Haut de 2ème Division
C’était donc lui et moi pour l’Entretien du Jour avec Mbi la gué. Merci beaucoup
Merci à vous

Propos recueillis par Lydie NZENGOU KOUMAT-GUERET