Les présidents Emmanuel Macron et Andrzej Duda, le 3 février à Varsovie. REUTERS/Kacper Pempel
Texte par : RFI
Publié le : 03/02/2020 – 18:08 Modifié le : 03/02/2020 – 20:40

En visite d’État, le président français Emmanuel Macron a salué ce lundi à Varsovie un « tournant » dans les relations avec la Pologne, en le situant dans le contexte du Brexit.

À la veille de la visite d’État d’Emmanuel Macron, l’exécutif polonais était circonspect : le président français venait-il pour apaiser des relations tendues entre les deux pays ou au contraire pour critiquer une nouvelle fois Varsovie ? « Je souhaite que cette visite, nos échanges, marquent un véritable tournant dans le rôle qu’ensemble nous pouvons jouer pour l’Europe de demain », a déclaré Emmanuel Macron à la presse aux côtés de son homologue polonais Andrzej Duda, à l’issue de leurs entretiens.

Le président polonais a lui aussi parlé de « percée », en se félicitant de la signature d’un programme de coopération polono-française dans le cadre de leur « partenariat stratégique ». Andrzej Duda s’est dit convaincu qu’après le Brexit « l’UE devrait en quelque sorte épouser une nouvelle forme (…) avec une nouvelle distribution de cartes et une nouvelle ouverture. Les différents rôles au sein de l’UE devront être reconfigurés ».

La coopération entre Paris et Varsovie doit servir à « relever le défi climatique et accompagner la Pologne qui a devant elle un défi que je ne sous-estime pas », a estimé Emmanuel Macron. Il s’agit, d’après le chef de l’État français, de « rendre le projet européen plus fort, car il y a aujourd’hui (…) après le Brexit, une fragilité et un doute qui se sont installés ».

Il a souhaité que Paris et Varsovie développent leur coopération dans le domaine de l’énergie et de l’industrie militaire, évoquant le projet du futur char européen. Ce projet a été évoqué également par le président Andrzej Duda. Le président français a souhaité tenir dans les prochains mois un sommet franco-germano-polonais du « triangle de Weimar ».

Emmanuel Macron a consacré une phrase aux réformes controversées de la justice, menées en Pologne par les conservateurs au pouvoir, en indiquant qu’il les avait évoquées avec son homologue polonais, et qu’il souhaitait que le dialogue entre Varsovie et la Commission européenne à ce sujet « s’intensifie ».

Enfin, répondant aux inquiétudes des Polonais à propos de son ouverture à l’égard de Moscou et ses critiques de l’Otan, il a affirmé son attachement à l’Alliance atlantique et l’engagement de la France à défendre son flanc est, citant la participation de quelque 4 000 soldats français à des exercices et des patrouilles dans cette région. « La France n’est ni prorusse ni antirusse, elle est pro-européenne », a-t-il dit, avant de prôner un « dialogue politique exigeant » avec la Russie.

« Pour être efficace, l’Otan doit s’appuyer sur un réengagement substantiel des Européens en matière de défense. C’est ce que les Américains nous demandent, c’est ce que nous nous devons à nous-mêmes. » L’Otan «en état de mort cérébrale»: Emmanuel Macron s’explique à Varsovie