Édouard Philippe, le 12 juin, lors de son discours de politique générale devant les députés.
REUTERS/Philippe Wojazer
Par RFI Publié le 12-06-2019 Modifié le 13-06-2019 à 01:53

Édouard Philippe s’est exprimé ce mercredi après-midi devant les députés lors d’une déclaration de politique générale avant un vote de confiance. Dans un premier temps, le Premier ministre a détaillé les priorités de son gouvernement pour un nouveau modèle économique « plus propre ». Il a ensuite évoqué les orientations en matière de justice sociale et sociétale avec notamment l’examen du projet de loi bioéthique dès la fin septembre.

Dans sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a dressé le calendrier des textes à venir et la méthode de travail.

L’urgence écologique
« Les douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique ». Ainsi les projets de loi sur la mobilité et l’énergie-climat seront adoptés avant l’été. Une nouvelle politique hydro-électrique verra le jour. De plus le projet de loi de lutte contre le gaspillage sera inscrit dans les trois « priorités » de l’Assemblée nationale pour la rentrée en septembre : « tous les produits en plastique jetables seront bannis de l’administration dès l’année prochaine».

Assurance chômage
Tout en rappelant que le taux de chômage était à son plus bas niveau depuis début 2009, il a expliqué que concernant la réforme de l’assurance-chômage, un système de bonus malus s’appliquerait « dans les 5 à 10 secteurs » d’activité utilisant le plus de contrats courts et qu’« une dégressivité de l’indemnisation sur les salariés qui perçoivent les salaires les plus élevés » serait mis en place. « L’objectif, c’est que le travail paie toujours plus que l’inactivité ».

Impôts
Les impôts des ménages baisseront de 27 milliards d’euros sur le quinquennat, a promis Édouard Philippe avec une baisse de 350 euros en moyenne par foyer pour la première tranche. Il a confirmé que la taxe d’habitation serait supprimée pour
tous les Français, avec une disparition progressive pour les 20%
qui ne sont pas encore concernés.

Projet de loi sur la dépendance
« Dès le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale, nous enclencherons une première étape, avec des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les Ehpad, établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes », a dit le chef du gouvernement devant les députés. Édouard Philippe a assuré qu’une loi sur la prise en charge de la dépendance sera présentée d’ici la fin de l’année.

Retraites
Concernant les retraites, Édouard Philippe assure que le nouveau système de retraite garantira aux personnes ayant travaillé toute leur vie un départ avec « pas moins de 85% du SMIC ». L’âge légal de départ à la retraite est maintenu à 62 ans, mais « nous définirons un âge d’équilibre et des incitations à travailler plus longtemps » a-t-il précisé.

Personnes seules
Les pensions alimentaires pourront être « automatiquement prélevées », « dès juin 2020 », par la Caisse d’allocations familiales (CAF) pour lutter contre « le risque d’impayé ». « Quand la vie est dure, que chaque euro compte, que chaque jour compte, il ne faut pas rajouter de l’inquiétude, de la tension, de la précarité et laisser les familles seules face à l’incertitude sur le versement des pensions », a précisé le Premier ministre rappelant ainsi les revendications de certains « gilets jaunes ».

PMA
Édouard Philippe a enfin évoqué la loi de bioéthique et tranché sur la question de la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes les femmes, en annonçant que ce projet serait examiné fin juillet au conseil des ministres et qu’il pourrait être débattu au Parlement fin septembre.

Immigration
Le gouvernement organisera chaque année un débat au Parlement sur la politique d’asile et d’immigration. Un premier rendez-vous est fixé en septembre. Ces questions « touchent aux fondements de notre souveraineté et de nos principes », a expliqué le Premier ministre.

Réforme des institutions
Édouard Philippe souhaite reporter l’examen de la réforme des institutions après les sénatoriales de septembre 2020. Il a évoqué ainsi le contexte de tension avec les sénateurs, majoritairement à droite : « Nous allons donc continuer à chercher à nous rapprocher. Mais nous ne mobiliserons pas du temps parlementaire pour in fine constater le désaccord du Sénat ».