Le président américain, Donald Trump et son épouse Mélania Trump, aux côtés de la reine Elizabeth II, au palais de Buckingham à Londres, le 3 juin 2019. Adrian Dennis, AFP
Texte par : FRANCE 24

Donald Trump est à Londres, lundi, pour une visite de trois jour au Royaume-Uni, dans un contexte de crise politique sans précédent. Une venue qui a suscité de nombreux appels à manifester.

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Attendu pour une visite d’État de trois jours, le Royaume-Uni déroule le tapis rouge à Donald Trump. Le président américain et son épouse Melania ont été accueillis, lundi 3 juin, au palais de Buckingham, pour une cérémonie suivie d’un déjeuner avec la reine Elizabeth II puis d’un banquet officiel dans la soirée.

Le canon de Buckingham a été tiré amicalement, lundi matin, pour souhaiter la bienvenue au président américain dès lors que le « Marine One », son hélicoptère, a atterri sur la pelouse du palais royal.

Après un déjeuner avec la reine, Donald Trump a pu profiter d’une visite guidée de l’abbaye de Westminster avant le fameux thé protocolaire pris avec l’héritier du trône, le Prince Charles, et son épouse Camilla.

Selon les précisions d’Hervé Amoric, correspondant pour France 24 à Londres, le président américain pourra ensuite se retirer avant le fameux dîner d’État, un banquet de 150 convives parmi lesquels la famille royale et plusieurs chefs d’entreprise américains. Une soirée boudée, en revanche, par le Prince Harry et son épouse Meghan Markle, mais aussi par tous les leaders d’opposition britannique.

Plusieurs dérapages

Derrière cet accueil en grande pompe, le pays est dans la tourmente avec une Première ministre sur le départ pour avoir échoué à mettre en œuvre la sortie de l’Union européenne, trois ans après le référendum du Brexit.

Fidèle à sa réputation, Donald Trump a traité le maire de Londres, Sadiq Khan, de « loser total », dans un tweet envoyé quelques minutes seulement avant d’atterrir dans un aéroport de la capitale britannique. « Sadiq Khan, qui a fait un boulot exécrable en tant que maire de Londres, a fait des commentaires ‘méchants’ concernant le président des États-Unis », a-t-il écrit, estimant que ce « loser total » ferait mieux de se concentrer sur la lutte contre la criminalité à Londres.

Dans des entretiens avec la presse britannique, le chef de l’État américain avait également critiqué la manière dont Theresa May a mené les négociations avec Bruxelles et recommandé à son futur successeur de quitter l’UE sans accord.

Une relation à rude épreuve

Au passage, il a également fait de l’ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, partisan d’un Brexit dur, son champion pour remplacer la Première ministre conservatrice. Ces propos ont été dénoncés par Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d’opposition britannique, comme « une ingérence inacceptable dans notre démocratie ».

Comme ses prédécesseurs, Donald Trump devrait insister sur la « relation spéciale » anglo-américaine. Mais cette dernière est soumise à rude épreuve dans plusieurs dossiers, dont l’Iran, avec la volonté affichée du Royaume-Uni de défendre l’accord nucléaire qu’il a remis en cause, ou l’environnement. Washington fait aussi pression sur Londres pour exclure Huawei de son réseau 5G. Dimanche, dans le « Sunday Times », Donald Trump a demandé à Londres de se montrer « très prudent » quant au rôle qu’elle compte accorder au géant chinois des télécoms.

Pour Bruno Daroux, chroniqueur international à France 24, « cette relation particulière [entre les États-Unis et la Grande-Bretagne] se poursuit quelles que soient les personnalités, mais avec un président comme Trump, les manières d’intervenir de la part des États-Unis, de concevoir leurs relations avec Londres sont opposées à celles qui avaient lieu à l’époque de Barack Obama. »

Des appels à manifester

« Notre relation a renforcé la sécurité et la prospérité de nos pays pendant des années et continuera de le faire pour les générations qui viennent », a pour sa part déclaré Theresa May, qui le recevra à Downing Street mardi, à quelques jours de sa démission, prévue le 7 juin. « Nous avons le potentiel d’être un partenaire commercial incroyable pour le Royaume-Uni », a promis de son côté Donald Trump dimanche, affirmant être prêt à négocier un accord de libre-échange rapidement.

Sur ce sujet, Bruno Daroux, s’interroge : « Comment peut-on commencer à bâtir un futur accord commercial avant que ne soit réglé le problème du leadership, et avant que ne soient réglées les modalités du Brexit ? »

Comme lors de son précédent voyage au Royaume-Uni, en juillet 2018, qui avait fait descendre des dizaines de milliers de personnes dans la rue, la visite de Donald Trump a suscité de nombreux appels à manifester. Jeremy Corbyn a lui exclu de participer au banquet offert par la reine, dénonçant un président « qui déchire des traités internationaux vitaux, soutient le déni du changement climatique et use d’une rhétorique raciste et misogyne ».

La fin de la visite présidentielle sera centrée sur le 75e anniversaire du Débarquement, avec une cérémonie à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, mercredi en présence de la reine et du président français Emmanuel Macron.

Avec AFP