La Chambre des représentants a validé une nouvelle étape vers la destitution de Donald Trump, jeudi 31 octobre 2019.
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Par RFIPublié le 31-10-2019 Modifié le 31-10-2019 à 19:20

Aux États-Unis, la Chambre des représentants a adopté ce jeudi 31 octobre la résolution fixant les règles de la procédure de destitution de Donald Trump. Une nouvelle étape formelle dans l’instruction menée contre le président américain.

Sans surprise, les démocrates, qui détiennent la majorité à la Chambre, n’ont eu aucun mal à faire voter la résolution ouvrant une nouvelle étape dans l’enquête sur l’affaire ukrainienne. Plus de 20 ans après le dernier vote ayant ouvert une telle procédure contre Bill Clinton, le texte a été adopté par 232 voix contre 196. Seules deux voix démocrates ont manqué à l’appel : celles d’élus de deux circonscriptions largement favorables au président américain. Les républicains, eux, ont fait corps derrière le locataire de la Maison Blanche et se sont tous prononcés contre la procédure.

« Ce qui est en jeu c’est rien de moins que la défense de la démocratie », a déclaré la cheffe de la majorité démocrate à la Chambre Nancy Pelosi juste avant le vote. « Je ne sais pas pourquoi certains républicains ont peur de la vérité », a-t-elle ajouté. Les républicains ont de leur côté dénoncé un « abus de pouvoir », une procédure « injuste et partisane », rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Juste après le vote, Donald Trump a exprimé son mécontentement sur Twitter. « Il s’agit de la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire américaine », s’est-il emporté. La présidence a longtemps déploré l’absence de vote dans cette procédure de destitution, mais le fait que ce scrutin a eu lieu ne change pas sa stratégie de défense : Donald Trump continue de se poser en victime.

Certaines auditions pourront maintenant être publiques. Le camp républicain aura le droit d’émettre des objections et même de convoquer ses propres témoins. Mais à une condition : que la Maison Blanche coopère avec l’enquête. C’est cette condition qui hérisse le camp républicain. Certains évoquent même une procédure de type soviétique. Les démocrates sont quant à eux déterminés à poursuivre leur enquête, avec désormais des auditions publiques. À défaut de convaincre le Sénat majoritairement républicain qui sera, in fine, chargé de voter la destitution, ils espèrent au moins montrer au peuple américain que le président n’est pas digne d’un second mandat.