Bosco Ntaganda à l’ouverture de son procès devant la CPI, le 2 septembre 2015.
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Par RFI Publié le 07-11-2019 Modifié le 07-11-2019 à 14:21

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont condamné Bosco Ntaganda à trente ans de prison. L’ex-milicien congolais avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre le 8 juillet 2019.
Avec notre correspondante à La Haye,Stéphanie Maupas

Trente ans de prison : c’est la peine à laquelle vient d’être condamné Bosco Ntaganda. L’ex-chef militaire de la branche armée de l’Union des patriotes congolais (UPC), l’une des milices actives dans l’est de la RDC, en 2002 et 2003, avait été reconnu coupable le 8 juillet d’attaques contre les civils, de meurtres, de viols, d’esclavage sexuel, de persécution, de déportation et de pillage, des crimes qualifiés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre et commis sous ses ordres.

Surnommé Terminator », « pour sa violence notoire », avait estimé la Mission des Nations unies au Congo, il a aussi lui-même participé aux crimes, en tuant notamment l’abbé Boniface Bwanalonga, un prêtre reconnu dans la communauté Lendu. Pour l’accusation, sa position de chef, sa brutalité, et son absence de remords comptent pour circonstances aggravantes.

Conscient de l’enjeu, Bosco Ntaganda avait, au cours des plaidoiries mi-septembre, formé des vœux pour le nouveau gouvernement congolais, l’assurant de sa collaboration dans la recherche de la réconciliation. Soutenu dans ses guerres de l’est congolais par l’Ouganda puis le Rwanda, il avait assuré, tout au long de son procès, avoir agi pour la paix en Ituri.

Premières réactions

Quelques réactions à l’annonce de ce verdict ce jeudi matin et notamment celle de Human Rights Watch. L’organisation de protection des droits de l’homme a fait un énorme travail de recherche de compilation de témoignage de victimes. Elle se félicite : « Cette peine de 30 ans envoie un message fort que même ceux qui sont considérés comme intouchables peuvent un jour avoir à rendre des comptes. »

Une réaction touchante aussi d’une de ses chercheuses, Anneke Van Woudenberg, qui dans un tweet ce matin écrit « Je suis très soulagée que cet homme soit derrière les barreaux pendant très longtemps. Les témoignages des victimes que j’ai recueillis continuent de me hanter jusqu’à ce jour. »

Bosco Ntaganda est en prison depuis 2014. Ses années d’incarcération seront déduites de ses trente années de condamnation. Désormais, il a 30 jours pour faire appel.