Des chauffeurs-routiers font la queue pour se faire tester pour le coronavirus au point de passage frontalier de Namanga entre le Kenya et la Tanzanie, à Namanga, au Kenya, le 12 mai 2020. REUTERS/Thomas Mukoya
Texte par : RFI
Publié le : 12/05/2020 – 19:32 Modifié le : 12/05/2020 – 21:56

Selon les chiffres du Centre de prévention des maladies de l’Union africaine (CDC), le continent comptait ce mardi 12 mai 67 957 cas confirmés de coronavirus, et 2 340 décès dus à la maladie. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché, devant l’Égypte et le Maroc.

• Une « nouvelle phase » dans la gestion de la pandémie au Sénégal

C’est au tour du Sénégal d’assouplir les mesures prises pour endiguer la propagation du coronavirus. Dans sa troisième adresse à la Nation depuis le début de la crise, le président Macky Sall a annoncé lundi soir plusieurs mesures. Le couvre-feu est raccourci, les lieux de culte pourront rouvrir, les commerces fonctionner 6 jours sur 7, et les élèves qui passent des examens reprendront le chemin de l’école le 2 juin. Mais les Sénégalais devront « apprendre à vivre en présence du virus » a ajouté le chef de l’État, qui a insisté pour qu’il n’y ait pas de « relâchement » mais une « adaptation », mot revenu plusieurs fois dans son discours.

Dans les lieux de culte, les établissements scolaires, les marchés, et les restaurants, le port du masque restera obligatoire. Dans un communiqué, les évêques de l’Église catholique ont indiqué que la suspension des messes et célébrations publiques restait en vigueur pour l’instant. Autre annonce : les corps des Sénégalais décédés du Covid-19 à l’étranger pourront finalement être rapatriés.

À ce jour, le pays enregistre 109 nouveaux cas positifs, au total 1 995 cas confirmés, dont 1 233 sous traitement, 19 décès. La presse, elle, souligne un « paradoxe » dans ce « coronavirage »

La crise du coronavirus est économique tout autant que sanitaire, comme l’illustre la situation à Saly. Cette cité balnéaire, à une centaine de kilomètres de Dakar, est désormais une « ville fantôme » privée d’un tourisme qui représente 10% du PIB sénégalais. Notre correspondant William de Lesseux est allé le constater sur place.

• Une mutinerie à la prison de Lomé, les détenus craignent le Covid-19

Les gardiens de la prison de Lomé ont vite ramené la situation à la normale après un mouvement d’humeur des prisonniers ce mardi matin. Les détenus refusaient que soient ramenées en cellule des personnes testées positif au coronavirus. Ils réclament la libération ou la délocalisation de ces personnes. Cette prison est surchargée avec plus de 1 500 détenus pour 600 places et fait régulièrement l’objet de rapports d’organisations des droits humains. En revanche, selon les informations de notre correspondant Peter Dogbé, le prisonnier le plus célèbre, le demi-frère du président Faure Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé, a été exfiltré ce mardi matin.

• La cloche a sonné au Bénin, les enseignants kényans ne veulent pas reprendre

Les écoles du Bénin ont rouvert leurs portes hier lundi, après plus de 40 jours de fermeture. Selon notre correspondant Jean-Luc Aplogan, les élèves rechignent à garder le masque toute la journée, les enseignants restent inquiets, mais le gouvernement a promis des masques gratuits, des dispositifs de lavage de mains et la poursuite du dépistage massif des enseignants.

Au Kenya, en revanche, les écoles sont encore fermées, et les enseignants entendent bien qu’elles le restent tant que les mesures appropriées n’ont pas été prises. Le syndicat exige des garanties : la reconfiguration des classes pour assurer la distance sociale nécessaire, l’interdiction des voyages et des événements scolaires, et surtout, la désinfection massive de tous les établissements avant la réouverture. En effet, 460 universités, collège et écoles primaires servent aujourd’hui de centres de quarantaine pour des patients atteints du Covid-19. Une reprise des cours dans ces lieux serait un cauchemar, martèle le syndicat.

En revanche, les restaurants kényans ont repris du service, et le tourisme attend de pouvoir en faire de même.

• Côte d’Ivoire : montée en puissance des dépistages et artistes engagés

Les autorités ivoiriennes veulent mettre le dépistage au cœur de leur stratégie de riposte. Six centres de prélèvement sur treize sont pour le moment opérationnels à Abidjan. La capitale économique concentre 98% des cas recensés jusque là dans le pays. Les échantillons prélevés sont ensuite envoyés à l’Institut Pasteur, où s’est rendu Pierre Pinto, et qui dispose des fameuses machines à PCR en temps réel permettant de déceler le Sars-COV2. Entre 300 et 500 tests journaliers sont réalisés.

La Côte d’Ivoire enregistre ce mardi 127 nouveaux cas de Covid-19 sur 506 échantillons prélevés. Cela porte le total à 1 857 cas confirmés et toujours 21 décès.

Dans le même temps, alors que les mesures de restriction ont été allégées à l’intérieur du pays, le couvre-feu reste en vigueur jusqu’à vendredi à Abidjan. La sensibilisation ne faiblit pas pour autant. Depuis début avril, une association de créateurs intervient ponctuellement dans la commune populaire de Yopougon, notamment via des ateliers de confection de masques, de gel hydro-alcoolique et de savon. Notre correspondant Sidi Yansané a assisté à l’un de ses ateliers.

• Nombreuses réactions à l’interview d’Andy Rajoelina

Au lendemain de son passage sur RFI et France 24 la prestation du président malgache est largement commentée, relate notre correspondante Sarah Tétaud. Chez certains, la fibre nationaliste et la dénonciation des Occidentaux fait mouche. Les dithyrambes en font un « nouveau Sankara », bouteille de Covid-organics à la main, breuvage qu’il vante partout en Afrique malgré les mises en garde de l’OMS, l’organisation rappelant qu’aucune preuve médicale de son efficacité n’existe. D’autres estiment que l’énergie du chef de l’État serait beaucoup plus utile à mettre sur pied un plan de relance et à sortir de nombreux malgaches de la misère et de la faim. Certains en revanche, dénoncent son « panafricaniste opportuniste », « complotiste », et attendent les résultats des essais cliniques réalisés par l’Union Africaine, le Sénégal ou encore l’Afrique du Sud.

• Premier vol de rapatriés au Gabon

Une première vague de Gabonais bloqués à l’étranger a regagné Libreville hier lundi, en provenance de Douala, au Cameroun. Une vingtaine de personnes parmi les quelque 1.200 ayant sollicité le gouvernement dans 23 pays. Notre correspondant Yves-Laurent Goma était à la descente de l’avion.

• Reprise des vols Air France au Cameroun

Avec le « Très Haut Accord » du président Paul Biya, le gouvernement camerounais autorise la reprise des vols commerciaux de la compagnie Air France, à raison d’un vol par semaine et alternativement à Yaoundé et Douala, et ce jusqu’au 30 juin. Les passagers devront présenter un test négatif au coronavirus à l’embarquement, et s’engager à s’auto-confiner à l’arrivée au Cameroun, où ils devront être suivis individuellement. Les autorités insistent sur le port du masque obligatoire et le respect des gestes barrières pour les passagers et le personnel d’Air France.

• Confinement prolongé jusqu’à la fin du ramadan en Algérie

Le gouvernement algérien a prolongé les mesures de jusqu’au 29 mai, soit après la fin du ramadan. En déplacement à Oran, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad a appelé la population à la « responsabilité individuelle et collective » face à des cas d’indiscipline, notamment en continuant à porter le masque.

Les autorités ont dû faire refermer de nombreux commerces, rouverts au début du mois de jeûne, dans près de la moitié des 48 préfectures du pays, dont Alger, en raison du non respect des règles d’hygiène et de distanciation sociale. Notamment des magasins de vêtements et de chaussures, des salons de coiffure et des pâtisseries. L’Algérie rapporte 5 891 cas et 507 victimes.

• La crise frappe le coton malien

Après le lait hier lundi, RFI vous parle ce mardi d’un autre secteur frappé par les conséquences de la crise : le coton. Au Mali, les producteurs vont perdre plus du cinquième de leurs revenus lors de la campagne 2020/2021. Le prix « bord champ » (le prix au producteur) garanti a été fixé à 200 francs CFA le kilo au lieu de 275 francs CFA pour la campagne précédente, nous explique Stanislas Ndayshimiye.