Le fils du président congolais Denis Sassou-Nguesso est accusé par l’ONG Global Witness d’avoir détourné 50 millions de dollars d’argent public.
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Par RFI Publié le 06-08-2019 Modifié le 06-08-2019 à 14:40

L’ONG Global Witness accuse, dans un rapport dévoilé ce mardi 6 août, le fils du président congolais Denis Christel Sassou-Nguesso, d’avoir détourné à son profit environ 50 millions de dollars d’argent public.
Selon Global Witness, entre 2013 et 2014, Denis Christel Sassou-Nguesso aurait détourné 50 millions de dollars d’argent public par le biais de sociétés écrans basées à Chypre. D’après l’ONG, Gabox, une société écran aurait bénéficié d’un faux contrat public pour participer à l’élaboration d’une carte géologique de la République du Congo et cette société serait, en fait, la propriété de Denis Christel Sassou-Nguesso.

« Le gouvernement congolais a signé un contrat avec l’entreprise brésilienne Asperbras et ensuite Asperbras a signé un faux sous-contrat avec l’entreprise chypriote de Denis Christel Sassou-Nguesso qui s’appelle Gabox. Il s’agit en fait d’une société anonyme où le nom de Denis Christel était caché », explique Mariana Abreu qui est chargée de campagne chez Global Witness.

Au cœur de cette affaire, un sulfureux intermédiaire portugais : José Veiga, un ami de la famille Sassou-Nguesso, à la tête de la filiale congolaise du groupe brésilien Asperbras. En 2013, une filiale américaine d’Asperbras conclut un contrat de 675 millions de dollars avec l’État congolais.

Un montage financier complexe

Deux semaines après, José Veiga crée une société basée cette fois à Chypre, il s’agit de Gabox, au cœur de la machinerie mise à jour par l’ONG Global Witness. Ainsi, Gabox obtient rapidement un contrat de sous traitance pour ébalir une cartographie géologiques du Congo.

Dès le mois suivant, la société chypriote reçoit un premier virement de 44,5 millions de dollars de la part d’Asperbas. Puis en février, un nouveau versement de 1,6 millions d’euros. L’ONG Global Witness révèle aujourd’hui que Gabox était en fait détenue par Manzapo, une autre société chypriote détenue par José Veiga, qui reçoit elle aussi 4,4 millions de dollars en 2014, en provenance de la filiale américaine d’Asperbras.

Denis Christel Sassou-Nguesso tout en haut de la pyramide

Mais tout en haut de ce montage se trouve une dernière société : Aliciero, à la tête de laquelle se trouve en fait Denis Christel Sassou-Nguesso lui même, à qui José Veiga a discrètement cédé « toutes ses actions ».

C’est donc bien lui qui aurait empoché quelques 50,5 millions de dollars. Des fonds publics selon Global Witness, qui ont ensuite été transférés dans plusieurs pays européens. L’ONG affirme également avoir eu accès à des documents prouvant les liens entre le fils du président congolais et José Veiga. Ces documents enregistrés à Brazzaville font notamment état d’un transfert de propriété de l’entreprise de José Veiga à Denis Christel Sassou-Nguesso.

« Ces fonds transférés à Gabox ont ensuite été transférés dans différents pays européens comme la Suisse, l’Espagne et la France, poursuit Mariana Abreu. Mais après, nous n’avons pas pu déterminer ce qui avait pu être acheté avec cet argent. On pense qu’il est très probable que cet argent visiblement volé au Trésor public congolais a été dépensé de façon extravagante pour des choses luxueuses ».

RFI a tenté de joindre Denis Christel Sassou-Nguesso sans succès. Le fils du président congolais est déjà mis en examen en France dans l’affaire des biens mal acquis.