Le président colombien Ivan Duque à Medellin, le 26 juin 2019.
JOAQUIN SARMIENTO / AFP
Par RFI Publié le 29-08-2019 Modifié le 29-08-2019 à 17:54

C’est un coup dur pour la paix en Colombie. Dans une vidéo publiée ce jeudi 29 août, Ivan Marquez, l’ex-numéro deux de l’ancienne guérilla des FARC, a annoncé avec d’autres anciens guérilleros son intention de reprendre la lutte armée. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe en Colombie où les réactions politiques ne se sont pas fait attendre.

Le premier à réagir à la vidéo postée pendant la nuit est Alvaro Uribe. L’ancien président colombien qui avait mené une guerre sanglante contre les FARC, reste un ennemi juré des accords de paix. Il n’est que 5 heures du matin ce jeudi quand il écrit sur Twitter ne pas être surpris : « Il n’y avait pas de paix ici. Il n’y avait qu’une amnistie pour les responsables de crimes atroces. »

Son successeur, Juan Manuel Santos, qui avait initié et signé les accords de paix entre le gouvernement et la guérilla, se veut au contraire plus déterminé que jamais. « 90% des anciens guérilleros des FARC sont toujours dans le processus de paix », indique l »ancien chef de l’État, pour qui « les dissidents doivent être punis ».

Des propos soutenus par l’ex-numéro 1 de la guérilla qui dirige aujourd’hui le parti issu de l’ancien groupe armé. « Une honte », c’est ainsi que Rodrigo Lodoño qualifie l’annonce de ses ex-compagnons d’arme, avant d’assurer : « Nous sommes toujours là, prêts à agir dans la légalité en faveur du processus de paix. »

Quant au gouvernement colombien actuel du président Ivan Duque, il se dit « préoccupé mais pas surpris » par ce retour aux armes. Bogota craint une future alliance entre la nouvelle guérilla des FARC et l’autre groupe armé colombien, l’ELN. Une alliance derrière laquelle, le gouvernement voit déjà la main du voisin vénézuélien.