Long entretien avec Maître Bruno Gbiegba qui revient sur son audition devant les Officiers de la Police Judiciaire, l’Accord de Khartoum, la nomination des Chefs rebelles et le manque d’eau à Bangui. Avec son langage franc que nous lui connaissons, c’est sans détour qu’il aborde avec nous le rôle de la Communauté internationale dans le relèvement de la République Centrafricaine.
Propos recueillis par Lydie Nzengou

Bonjour Monsieur, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?
Bonjour Madame Lydie NZENGOU KOUMAT GUERET, je suis Maître Bruno Hyacinthe GBIEGBA, Avocat au Barreau de Centrafrique, militant des Droits de l’Homme, un homme qui a engagé sa vie pour la promotion, la protection et la dignité de ses semblables.

Le vendredi 19 avril vous avez été convoqué par la Gendarmerie centrafricaine pour atteinte à la sureté de l’Etat. Nous souhaiterions en savoir plus.
Comme je vous le disais, je suis un militant qui a fait de la promotion et la protection des droits humains une de ses principales préoccupations et c’est à ce titre que j’ai été convoqué. Nul n’ignore que depuis 2013, la République Centrafricaine vit l’une des graves crises la plus difficiles pour le peuple centrafricain. Nous sommes sortis de la Transition après l’organisation des élections générales. Le 30 mars 2016, nos nouvelles autorités ont été installées et la population centrafricaine pensait que l’insécurité allait diminuer. Malheureusement, l’on ne sait comment, les nouvelles autorités n’ont pas pris toutes les précautions qu’il fallait, le nombre des groupes armés s’est multiplié et le Président a jugé utile d’initier un dialogue avec les groupes rebelles. C’est dans cette optique que les autorités ont fini par mettre en œuvre les premiers pas de ce dialogue en initiant ce que l’on appelle la Feuille de route de l’Union Africaine signée à Libreville le 17 juillet 2017 et lorsque nous avons étudié ce document, après une analyse profonde, nous avions constaté que ce document n’est pas approprié pour le retour de la paix, car il va consacré l’impunité aux chefs rebelles et leurs éléments. L’on nous a toujours rassuré que le Forum de Bangui qui avait eu lieu en 2015 avait dit « impunité zéro » et qu’il n’y aurait pas d’impunité pour les chefs rebelles. Nous n’avions jamais été convaincus. Les autorités ont donc mené les préparatifs jusqu’à ce que les deux délégations, plus précisément la délégation gouvernementale et celle des groupes rebelles se sont rendus à Khartoum. Je m’empresse de préciser que pour ces négociations entre le gouvernement et les groupes rebelles, il y a avait un semblant de délégation des forces vives de la nation, dont je faisais partie, qui ont assisté à ces négociations. Malheureusement, en notre qualité d’observateurs nous n’avions pas été associés indirectement, nous n’avions pas participé aux négociations entre le gouvernement centrafricain et les groupes rebelles, à cause des initiateurs de l’Union Africaine qui n’ont pas voulu que les observateurs soient dans la salle. Nous n’avions pas manqué de dire que cela est une négociation atypique. De mémoire d’homme, l’on ne peut pas appeler les observateurs, les mettre dehors et dire que ce sont des observateurs. Nous avions contesté vainement, les choses ont continué à évoluer. Le 05 février 2019, le document a été paraphé et trois Chefs rebelles en n’ont profité pour signer sur place à Khartoum, à savoir Messieurs Ali DARASSA, Martin KOUMTAMADJI alias Abdoulay Miskine et NOUREDINE Adam. Ce sont les autres Chefs rebelles qui sont venus à Bangui en même temps que nous les 06 février 2019 et l’Accord a été signé. C’est pour cette raison que certains parlent d’Accord de Khartoum, d’autres de Bangui. Mais nous, ce qui nous intéresse ce ne sont pas les noms des capitales, mais c’est son contenu. Après la signature de ce document, comme il prévoyait la mise en place d’un gouvernement inclusif, le Président de la République et le Premier Ministre nouvellement désigné ont formé le gouvernement où l’on a nommé des Chefs rebelles tout en sachant bien que l’Article 28 de la Constitution a précisé que l’on ne devait pas responsabiliser ces types de personnes. Non seulement l’on a nommé des chefs rebelles dans le gouvernement dont certains sont des étrangers mais l’on s’est encore mis à nommer à la Présidence de la République, à la Primature des Chefs rebelles notoirement reconnus comme étant des étrangers. C’est pour cette raison que le Groupe de Travail de la Société Civile sur la crise Centrafricaine, dont je fais partie, a demandé à nos autorités de retirer purement et simplement les Décrets qui nomment ces Chefs rebelles étrangers dans la haute administration civile et militaire centrafricaine.

C’est inadmissible. Dans aucun pays au monde l’on n’a jamais vu ce que la Communauté internationale nous a demandé d’accepter et c’est pour cette raison que nous avons dit qu’il est hors de question que nous acceptions que l’on nomme des étrangers et dont certains sont des illettrés dans la haute administration. C’est une manière de se moquer des efforts que nos parents ont consentis pour nous inscrire à l’école, parce qu’aujourd’hui, qu’est-ce que la Communauté Internationale est entrain de demander aux Centrafricains ?, elle leur demande de ne plus aller à l’école, parce que la nouvelle voix de la réussite, c’est la prise des armes pour tuer et pour être promu. Mais ces types de personnes qui n’ont que les muscles, est-ce qu’ils ont une capacité de conception pour diriger un Ministère ?, pour diriger l’administration ? pour donner de bons conseils à nos autorités ?. Pour diriger l’armée nous avons les éléments de nos Forces de défense et de sécurité qui ont été formés, soit à l’Ecole Militaire de Bouar, certains à l’Ecole de la Gendarmerie, à l’Ecole de Police et autres. Mais comment comprendre qu’un certain Ali Darassa, un certain Alkatim qui sont des étrangers Nigérien et Tchadien, connus de tous, viennent arborer le grade de Général au vu et au sus de nos autorités et l’on nous demande de les appeler ainsi et de leur reconnaître ce grade-là. C’est pour cette raison que nous avons dit qu’il est hors de question, nous n’allons pas l’accepter et nous allons continuer la lutte pour que nos autorités finissent par retirer ces Décrets.

Pour poursuivre et répondre à votre question Madame Lydie NZENGOU KOUMAT GUERET, il y a entre autres, ce que nous avions connu et que nous continuons de connaître, le manque d’eau dans tout le pays et principalement dans la ville de Bangui. La Société de Distribution d’Eau en Centrafrique, la SODECA, n’arrive plus à distribuer normalement l’eau dans la capitale, c’est pour cette raison que nous avions simplement dit qu’il faut donner les moyens à la SODECA. Et effectivement, le 12 avril 2019, si je ne me trompe pas, après avoir rendu public notre position, le Premier Ministre est descendu sur le terrain, à la SODECA et après avoir constaté la gravité de la situation, il a ordonné au Ministre des Finances de décaisser de l’argent pour acheter du matériel à la SODECA. Cela veut dire que les actions que nous avions déclenchées sont porteuses. Et maintenant comme il y a un certain groupe que nous ne connaissons pas du nom de LIKONGO qui avait aussi proposé de mener une action, lorsque nous avions souhaité organiser notre marche le 15 avril 2019, il y a eu des tracts initiés par ce groupe qui nous ait inconnu. C’est ainsi, que pour éviter toute confusion, nous avions annulé notre marche du 15 avril 2019, car nous ne pouvions accepter que des gens fassent des casses et que l’on mette cela sur le dos de la société civile. Nous avions donc purement et simplement annulé notre activité.

Quel était précisément le motif de votre marche ? Cela concernait l’eau ou la dénonciation des Décrets spécifiques ?
Il y en avait deux, le manque d’eau et le retrait des Décrets qui ont nommé ces Chefs rebelles qui réclament leurs crimes et c’est là la particularité de la RCA, les rebelles qui réclament leurs crimes et l’on ne cesse de les promouvoir. Ainsi, pour poursuivre, c’est donc pour ce motif, et pour éviter toute confusion, nous avons annulé notre marche. Lorsque l’on nous a convoqués à la Gendarmerie, il nous a été posé cette question et nous avions répondu que tout Centrafricain, seul ou en groupe a le droit de s’occuper de la vie de sa nation et même si l’on demandait la démission du Chef de l’Etat, c’est dans le cadre de la liberté d’expression et d’opinion.

Vous avez demandé la démission du Chef de l’Etat ?
Je dis que même si par impossible on demandait la démission du Chef de l’Etat, c’est dans le cadre de la liberté d’expression, la liberté d’opinion et la liberté d’association. On le voit en France, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et dans bien d’autres pays en Afrique, c’est la démocratie, chacun s’exprime. Il appartient aussi à nos autorités de s’exprimer et dans un débat contradictoire, on éduque la population. Mais tout porte à croire qu’en RCA l’on ne veut pas qu’il y ait des débats contradictoires, mais l’on veut seulement que les gens bombent les muscles pour se faire entendre.

Pensez-vous qu’il y ait une régression de la liberté d’expression aujourd’hui en Centrafrique ?
Il y a une tentative de museler, la liberté d’expression régresse. Vous voyez il y a beaucoup de radios qui sont là et qui font elles-mêmes de l’auto censure, parce que l’on dit qu’il y a certaines personnalités qui sont maintenant blacklistées, sur une liste noire, on ne doit plus les inviter ou, ce sont les responsables de ces radios sont tellement menacés ; alors ce sont eux qui organisent l’auto censure. Aujourd’hui les Centrafricains ne sont plus servis par des émissions et par la multiplicité des personnes qui ont une liberté pour s’exprimer. Voilà ce que je peux vous dire.

Vous avez donc été convoqué à la Gendarmerie, comment s’est passé votre entretien ?
En ma qualité de l’un des responsables du Groupe de Travail de la Société Civile, lorsque l’on a auditionné notre Porte-parole M. BENINGA Cressent, M. LAKOSSO Gervais, Mme MAGBA Agnès et Mme TANGA Valerie, j’ai été moi aussi convoqué par l’Officier de Police Judiciaire en charge de l’enquête en violation de la Loi ; non seulement je suis Avocat, le Bâtonnier n’a pas été informé, c’est moi qui ai été obligé de le faire. Lors de mon audition, Il y a avait le Bâtonnier KOMENGUE, le Conseiller SANGONE DEMOBONA et Maître MOROUBA. Me DANGAVO et Me MANDE NDJAPOU n’ont pu assister à l’audition, à cause de l’étroitesse de la salle. J’ai été convoqué parce que l’on pense que nous n’avions pas le droit en tant que citoyens Centrafricains de nous exprimer sur la situation socio politique de notre pays. C’est comme si la politique est la chasse gardée d’une catégorie de personnes et les autres catégories de personnes doivent seulement passer chaque cinq ans pour aller voter. Je leur ai fais comprendre que non, « la politique c’est l’affaire de tout le monde et l’affaire de tout le monde c’est la politique » que même si nous avons élu les responsables politiques, il n’en demeure pas moins que nous devons tous les contrôler. Il n’y a pas que l’Assemblée nationale seule pour le faire, nous avons la liberté et nous avons le droit de nous prononcer sur les actes qu’ils posent dans l’intérêt général.

L’on vous a auditionné et écouté. L’on a libéré votre Porte-parole qui avait été maintenu à la SRI et libéré nuitamment. L’on peut espérer que les choses se sont tassées de la part des autorités. Vous de votre côté que comptez-vous faire ? Vous allez poursuivre votre mouvement de contestation ?
Nos revendications sont restées en l’état. Ces personnalités nommées sont restées en place. L’une de nos contestations reste donc en l’état, seulement nous allons élever les débats en envoyant directement une correspondance au Chef de l’Etat et à ceux qui soutiennent ce dialogue, nous sommes en train de nous concerter. Nous avons dit que l’Accord de Khartoum fait rentrer la République Centrafricaine de facto dans une transition, parce que l’on ne peut pas comprendre qu’un Chef d’Etat élu soit en poste et que la Communauté Internationale vienne lui forcer la main pour nommer non seulement des étrangers, mais des rebelles pour occuper des postes ministériels. Comment le Chef d’Etat élu et sa majorité vont réaliser leur programme ? parce que, ce qui se passe, l’on est en train de faire taire des criminels pour que la situation d’insécurité et les tueries cessent. La Communauté internationale aurait pu s’investir aux côtés de nos autorités légitimes pour combattre les rebelles et promouvoir l’Etat de droit, aider à la restauration de l’autorité de l’Etat, pour une démocratie vivante.

En ont-ils les moyens et la possibilité ?
Ils en ont les moyens et la possibilité ; mais vous savez ils ne veulent pas tout simplement.

Pourquoi ne voudraient-ils pas ? Pourquoi vous dites cela ? Est-ce que l’on se dirige vers une transition ?
Non, on ne se dirige pas vers une transition, on est déjà dans une transition depuis que l’on a nommé des Chefs rebelles. Ceux qui ne veulent pas reconnaître cela, ce sont ceux qui ne veulent pas se rendre à l’évidence. Si l’on est dans un cadre de débat contradictoire, nous allons le démontrer par a+b ; car, lorsque vous êtes élu Président de la République, que vous avez nommé votre Premier Ministre, c’est vous et le Premier Ministre qui nommez volontairement les personnalités qui doivent faire partie de votre gouvernement, mais aucune influence extérieure ne doit vous imposer, ne dois vous dicter la nomination des autres personnes. Excusez-moi mais voyez quelqu’un comme Abdoulaye Miskine, on le nomme Ministre chargé de la Modernisation de l’administration. Il est allé à quelle école, qu’est-ce qu’il comprend pour venir moderniser l’administration centrafricaine, si ce n’est de venir la détruire. Ainsi nous disons que nous sommes dans une Transition alors que l’on a fini la Transition en 2016. Et de 2016 à 2019, le Chef de l’Etat a dirigé et voilà que nous sommes encore rentrés dans une nouvelle Transition en 2019 par la nomination de ces personnes contre le gré du Chef de l’Etat, parce que ce n’est pas lui qui a voulu les nommer ; mais, cela lui a été imposé alors qu’il aurait pu s’appuyer sur la population pour lui demander qu’est-ce que nous devons faire ensemble et si il y a une concertation entre la population et le Chef de l’Etat, l’on se serait entendu sur les décisions d’intérêt national que le Chef de l’Etat allait prendre, au lieu d’écouter les gens de la Communauté Internationale laquelle n’est là que pour faire prendre des textes qui contiennent déjà des germes d’une nouvelle crise, parce que l’Accord de Khartoum pour nous c’est d’ici peu de temps une nouvelle crise qui va naître et une nouvelle négociation et la Communauté internationale va toujours justifier sa présence, son intérêt pour dire voilà que vous aviez failli disparaître, c’est nous qui sommes venus vous sauver. Vous ne pouvez pas tenter de sortir quelqu’un qui est en train de se noyer en lui attachant un morceau de pierre aux pieds, pour qu’il se noie davantage. Vous devez plutôt lui donner un canot de sauvetage pour qu’il puisse s’en sortir. Vous ne pouvez pas le tirer par le bas, mais nous avons constaté que la Communauté internationale est en train de nous tirer par le bas pour que nous nous noyons davantage.

Vous parlez d’une nouvelle crise qui va naître, vous semblez être pessimiste ! Quelle est la visibilité des 6 prochains mois, de l’année qui va s’écouler ? Quelle est la visibilité sur le plan politique, sécuritaire et économique ?
Nous sommes très inquiets, lorsque vous nommez des rebelles, dont certains sont nommés Chefs de région avec je ne sais quelle forme de responsabilité pour gérer des victimes qu’ils ont eux-mêmes créées, vous pensez que nous sommes en train d’aller où ? L’on ne peut pas confier, « à un chien d’assurer la garde d’un morceau de viande. Il va se mettre à le manger avec appétit ». C’est comme ce que l’on dit généralement, « vous ne pouvez pas attacher le cabri à côté d’une botte d’herbe, ce cabri-là va s’en servir ». Comment vous pouvez prendre le criminel et lui demander d’assurer la protection de ses victimes ? Mais il va en créer davantage ! C’est ce qui nous inquiète.

Donc Maître GBIEGBA est pessimiste ?
Est-ce que j’ai besoin de le dire ? J’ai précisé que l’Accord de Khartoum pour nous fait la promotion des criminels, dès lors que cela fait leur promotion, nous ne sommes pas d’accord avec cette manière de promouvoir des criminels au lieu de donner les moyens à l’Etat pour traquer ces criminels et les juger. C’est une fois qu’ils auront été jugés que l’on peut rentrer dans le processus de la réconciliation. Mais tant que l’on ne les a pas jugés, comme on le dit, les victimes d’aujourd’hui risquent de devenir les bourreaux de demain et les bourreaux d’aujourd’hui risquent d’être les victimes de demain. Nous voulons éviter ce cycle de violence permanente.

Comment juger des hommes qui ont encore des armes à la main ?
Mais si la Communauté internationale se donne les moyens de négocier avec eux, nous nous posons la question suivante, au moment où l’on négocie, est-ce que ceux-là rentrent avec leurs armes dans les salles de négociation ? Si l’on s’était donné les moyens de reconstituer l’Armée nationale, avec les Forces des Nations Unies, je pense que l’on aurait pu les mettre hors d’état de nuire. On a vu ce qui s’est passé sur la route du Cameroun. Est-ce que les Forces des Nations Unies et le FACA sont allées négocier où elles sont allées les assommer ? Nous ne comprenons pas ce qui se passe, il faudrait qu’il y ait une certaine cohérence dans la démarche de cette même Communauté internationale, parfois elle envoie des messages de fermeté et parfois, elles semblent encourager à commettre des exactions. Il faudrait qu’il y ait une certaine cohérence dans les actions de la Communauté internationale.

Les spécialistes disent qu’il faudrait au moins une dizaine d’années pour reconstituer les Forces de Défense et de Sécurité de la Centrafrique soient totalement reconstruites, outillées et armées. Que faire et comment faire en attendant les dix années ?
Quels sont ses spécialistes là ? Ce sont des oiseaux de mauvais augure. Ceux qui disent cela ne sont pas de spécialistes sérieux, ce ne sont pas des gens qui ont bien réfléchi ; car, lorsqu’ils disent qu’il faut dix ans, cela veut dire que le militaire qui a déjà cinq ans d’expérience, d’ici dix ans il faut le mettre à le retraite. Parce que dans l’armée on se forme périodiquement, chaque trois mois, chaque six mois, chaque année. C’est comme cela que l’on entend parler des manœuvres militaires dans certains pays. Au moment où certains militaires partent à la retraite, d’autres rentrent et c’est une formation continue. Dites-moi dans quel pays nos militaires n’ont pas reçu de formation ? En France, aux Etats Unis, en Russie, en Chine, l’Angleterre, en Allemagne…, ce sont de grandes puissances militaires qui donnent des formations continues. Ils ne font pas des formations chaque dix ans pour nous dire qu’il faut dix ans. C’est tout simplement un mensonge grossier qui est destiné à tromper les gens pour éviter que la RCA ne reconstitue son armée. Nous avons des militaires très bien formés dans de nombreux pays, en Afrique, Europe, en Amérique etc… Dans dix ans ils vont partir à la retraite ; alors que si aujourd’hui on leur donnait les moyens, ils allaient directement se mettre en activité.

Et l’embargo ?
Il a été initié par ceux qui veulent nous bloquer, nous empêche d’évoluer. C’est un embargo qui n’est même pas justifié ; puisque nous avons des autorités légales, en quoi cet embargo se justifie-t-il ? puisque ces mêmes pays qui soutiennent cet embargo ce sont ces mêmes pays qui vendent des armes à ces groupes rebelles qui les reçoivent. Les armes passent facilement par le Tchad, le Soudan et tombent entre les mains des rebelles. Et à un Etat régulier on lui refuse de s’armer ; mais les armes sont entre les mains des groupes rebelles. C’est une hypocrisie internationale encore à laquelle la RCA est exposée et il appartient à nos autorités de prendre leur responsabilité pour dénoncer cela.Mais malheureusement il n’y a pas de réaction de leur part.

Vous indexez beaucoup la Communauté internationale, mais il vous faut reconnaître qu’elle est au chevet de la RCA depuis toujours. Sans elle nous serions complètement à terre.
Est-ce que nous nous sommes relevés ? Lorsque celle-ci est là c’est en principe, pour nous aider à nous relever et non nous aider à rester dans le désordre. 80% des actions qui sont posées sont très mauvaises
Pour finir un message particulier à l’endroit d’une personne particulière ou d’un groupe particulier.
Je m’adresse aux Centrafricains, si nous ne nous battons pas pour notre pays, ce ne sont pas les autres qui font semblant de venir nous aider qui le feront à notre place. C’est à nous Centrafricains de nous relever, c’est à nous de nous entraider, c’est à nous de comprendre que ce pays c’est notre unique richesse en partage et nous devons nous battre pour lui.

Je vous remercie
C’est moi qui vous remercie