Vue de Bangui en 2015.
© AFP PHOTO/EDOUARD DROPSY
Par RFI Publié le 23-09-2019 Modifié le 23-09-2019 à 22:52

À Bangui, la justice centrafricaine a condamné un haut-gradé de l’ancienne rébellion seleka à six ans de prison ferme pour crimes de guerre et crime contre l’humanité.
Alors que deux leaders anti-balaka comparaissent actuellement devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye aux Pays-Bas pour l’audience de confirmation des charges, la justice centrafricaine a rouvert ses sessions criminelles le 23 septembre à Bangui. Devant la barre comparaissait un haut gradé de l’ex-Seleka. La peine d’emprisonnement à perpétuité avait été requise. La cour a finalement condamné Abdoulaye Alkali Said à six ans de prison fermes.

Que ce soit la Cour criminelle centrafricaine, la Cour pénale spéciale ou la Cour pénale internationale, l’essentiel est que justice se fasse pour le procureur général Eric Didier Tambo. « C’est la lutte contre l’impunité, déclare-t-il. Si la CPI a pu attraper certains gros poissons, nous aussi de notre côté, nous attrapons d’autres poissons. On dit souvent que la justice finit toujours par rattraper les criminels. Nous osons espérer que nous les aurons tous. Tous ces criminels doivent comprendre une fois pour toutes qu’il n’y a pas de place pour l’impunité ».

Abdoulaye Alkali Said était poursuivi pour dix chefs d’accusation, dont crimes de guerre, crime contre l’humanité ou atteinte à la sûreté intérieure de l’État. « Nous avons regardé le dossier, explique l’avocat de la défense, maître Nzala. Il n’y avait pas d’éléments pouvant soutenir les charges. Ce qui a donc été constaté à l’audience. Le procureur n’avait pas les éléments à charge donc nous avons plaidé non-coupable pour tous ces chefs. Malheureusement, nous avons été accrochés pour une infraction, association de malfaiteurs, mais pour tout le reste, on a été déchargés parce qu’il y avait absence de preuves ».