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Des hommes armés en patrouille dans une localité du nord de la RCA
vendredi 1 mai 2020 17:50

48 heures après des combats meurtriers qui ont opposé deux groupes armés rivaux à Ndélé dans le Bamingui Bangoran, et qui ont fait de nombreuses victimes, un calme précaire règne dans la ville. L’accalmie a permis aux habitants d’enterrer les victimes de ces atrocités.

La ville de Ndélé a renoué avec l’instabilité sécuritaire suite aux combats meurtriers qui ont opposé mercredi 29 avril 2020 aux environs de midi, des groupes armés rivaux, près du marché central de la ville. Ces affrontement dont-on ignore la cause exacte, ont fait plusieurs victimes notamment civiles. D’après un communiqué du gouvernement, il y aurait 25 morts, dont 21 civils et 51 blessés. Cette nouvelle violence vient ainsi replonger la population de cette ville dans une grande peur. Elle qui ne s’est pas encore remise des affrontements ethniques du début de l’année ayant coûté la vie à plus d’une trentaine de personnes et occasionné d’énormes dégâts matériels.

Selon un communiqué publié le 29 avril 2020 par le FPRC, principal groupe armé qui contrôle la ville de Ndélé, il s’agit d’une attaque, perpétrée par la coalition RPRC-PRNC et MLCJ contre son groupe et contre la population civile sans justification. Déplorant des morts et des blessés sans donner un bilan précis, le 1er vice-président du FPRC, Nourredine Adam, condamne ces violences. Par ailleurs, il demande la démission des ministres Herbert Gontran Djono Ahaba, de l’Energie et de l’hydraulique; Gilbert Toumou-Deya, conseiller à la présidence de la République et Arnaud Djoubaye Abazène, des Transports et de l’Aviation civile jugés par ce mouvement, d’être auteurs des crises qui endeuillent la localité.

Déplorant également ces événements malheureux, le gouvernement annonce qu’une mission sera dépêchée dans l’immédiat à Ndélé pour mener des investigations et collecter des informations utiles en vue de poursuites judicaires. Cette mission sera constituée de juges, d’officiers de police judiciaires et des éléments de l’UNPOL, la police des Nations Unies. En plus, le gouvernement annonce le déploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) à Ndélé pour s’interposer et ramener le calme.

Condamnant ce regain de violence, la Minusca a assuré ce vendredi 1er mai avoir repris en main, la situation et que ses soldats multiplient des patrouilles dans la ville. « La situation n’a pas évolué depuis avant hier, après les événements extrêmement graves. Nous poursuivons les patrouilles. Entre temps, la Minusca, l’Union africaine et la Communauté des Etats d’Afrique centrale ont publié un communiqué hier, condamnant l’attaque meurtrière qui a causé la mort de 25 morts et plusieurs dizaines de blessés parmi la population civile » a affirmé Vladimir Monteiro, Porte-parole de la Minusca.

De vives réactions sont également signalées dans les milieux politiques, après cette recrudescence de violences. Mahamat Kamoun, ancien premier ministre et ressortissant de la région monte lui aussi au créneau et dénonce une violence  »aveugle » contre la population civile. Il exige l’ouverture d’une enquête judiciaire.

« C’est avec consternation que nous dénonçons et condamnons fermement les massacres de populations civiles, au marché de Ndélé, par des combattants se réclamant de RPRC, PRNC et MLCJ. Devant la gravité des faits, il est urgent que des actions soit menées. Il faudrait engager des poursuites judiciaires auprès de la justice centrafricaine et de la justice internationale contre les auteurs de ses massacres, qui sont clairement connus et identifiés » a martelé M. Kamoun

Dans un communiqué rendu public ce 1er mai 2020, le MLCJ, un des groupes armés mis en cause dans ces violences rejette toute responsabilité dans ces combats. Les responsables de ce mouvement armé accusent leurs rivaux du FPRC d’en être à l’origine. Ils demandent « l’arrestation de Abdoulaye Hissen, chef militaire du FPRC pour mettre fin au conflit à Ndele. »

Ces affrontements meurtriers interviennent, alors que le FRPC venait d’achever, avec le gouvernement, les garants et facilitateurs, une réunion d’évaluation de l’accord de paix du 6 février 2019 afin de rétablir la sécurité et la paix dans la région Nord-est.