Alice AYANDHO, Artiste Centrafricaine

Cette semaine, nous abordons l’art avec Alice Ayandho qui a bien voulu répondre aux questions de Mbi la gué. Ses toiles nous interpellent et nous fascinent. Lorsque nous les contemplons nous nous posons chaque fois la même question : est-ce Alice elle-même ? Que nous apprennent-elles sur nous-mêmes ?

Bonjour ma chère Alice, parlez-nous un peu de vous s’il vous plaît.
Alice Ayandho, Artiste Centrafricaine. Arrivée en France, elle embrasse la culture de Descartes et Fragonard en gardant ses racines bantoues. Très tôt, elle est attirée par la peinture et la décoration d’intérieur. L’art comme catharsis, faire sortir le bon, le profond, le non-perçu de ce corps en souffrance afin de voir Alice de l’intérieur, Alice la courageuse, la rêveuse, la Femme. Elle! Dans ses tableaux, trois thèmes reviennent souvent: la beauté, les racines, les rêves … Est-elle la femme des tableaux ? Les racines s’effacent-elles ? Un rêve de briser ses chaines ? Les questions sont parfois plus importantes que les réponses et Alice nous questionne. Puis, elle met des paillettes et répond « Tout va bien, non ? »
Mes peintures m’apportent un bonheur immense. Je ne sais jamais quel va en être le résultat. Quand je commence une toile, je me dis toujours qu’elle sera magnifique parce que c’est le fruit de mes émotions. Mais en réalité, je ne les trouve pas toutes magnifiques! Et je suis tellement impatiente que je veux vite la finir pour en refaire une autre même si je suis fatiguée. Quand je finis une toile, je me surprends à la découvrir. Quand je peins pendant deux trois heures, je ne suis plus vraiment moi, bien sûr, à un moment donné je me fatigue, mon bras me le rappelle, mon corps aussi je veux dire, parce que quand je peins, j’ai des techniques, comment me positionner… etc. Ce n’est pas évident mais j’y arrive. Au moins cela me muscle.

Vous faites des merveilles avec les pinceaux et la peinture, est-ce une passion ou un passe-temps? Expliquez-nous cela.
Peindre pour moi c’est une passion, un moment de grâce durant lequel je ne pense plus. Oui … Durant lequel je ne pense rien qu’à ma peinture.

Avez-vous déjà exposé vos chefs d’œuvre?
Oui, j’ai fait un vernissage à l’Echo-Musée dans le quartier de la Goutte d’Or, Paris 18ème, où j’ai pu exposer mes oeuvres. Si Dieu me le permet, je compte exposer mes toiles partout dans le monde entier.

Vous vous situez dans quelle catégorie, moderne, classique, contemporaine ou que sais-je encore?
Moi je n’aime pas être cantonnée à une catégorie ou un certain mouvement mais j’aime surfer sur toutes les vagues, sur tous les styles. Je me situe dans tous les styles, c’est comme pour la mode, j’ai un style particulier, j’aime oser et apporter quelque chose de frais …

Comment nous procurer vos toiles?
Tout simplement par le biais de ma Page d’Artiste Alice A Paint sur Facbook.
Bientôt suivront les expositions.

Laquelle est votre préférée et a-t-elle une histoire?
Il est difficile de choisir. Elles ont toutes une histoire singulière à raconter mais à choisir celle à laquelle j’affectionne une valeur qui me tient à coeur en ce moment c’est celle-ci.

À travers ce tableau la tristesse submerge et gagne le personnage qui est mis en scène. Ce ballon rouge qui part représente cette lueur d’espoir et de liberté.

Alice, je vous remercie.
C’est moi qui vous remercie.

 Propos recueillis par Lydie Nzengou Koumat-Gueret