©Image d’illustration
Le leader de l’UPC, Ali Darassa dans son fief de Bokolbo au centre du pays
lundi 3 août 2020 17:13 Radio NDEKE LUKA

L’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) se désengage du procès verbal, issu de la rencontre de son chef avec le gouvernement. En effet, dans un communiqué publié le samedi 1er août 2020, Ali Darassa, leader de l’UPC a fait savoir qu’il a paraphé le document établi par le gouvernement sous pression du Premier ministre.

Selon le communiqué de l’UPC, le gouvernement avait élaboré un document qu’il a soumis à Ali Darassa, dès son arrivée à Bangui. Par la suite, il lui a été demandé de l’amender et de le signer. Cependant, le chef rebelle a bien voulu le parcourir avec son staff avant de l’approuver. A la deuxième rencontre, le chef de l’UPC a désapprouvé le procès-verbal et demandé une discussion franche et correcte avec le gouvernement. Toujours dans ce communiqué, au sortir des discussions avec les garants et facilitateurs, un procès-verbal équilibré a été soumis au gouvernement qui, à son tour, a désapprouvé le document.

Le gouvernement va alors établir un autre procès-verbal. Néanmoins, Ali Darassa refuse de le signer, parce que ses revendication n’y figurent pas. C’est face à ce refus que le Premier ministre Firmin Ngrébada a proféré des menaces à l’encontre du chef rebelle, en présence des garants et facilitateurs en lui disant qu’il ne quittera Bangui que lorsqu’il aura signé le procès verbal. C’est sous cette pression que Ali Darassa a signé le document, mentionne le communiqué. Réaffirmant sa volonté de suivre le chemin tracé par l’Accord du 6 février 2019, Ali Darassa dénonce  »Ce genre de dialogue à sens unique qui risque de compromettre une nouvelle tenue de rencontre entre les groupes politico-militaires et le gouvernement ».

Leader de l’UPC a été reçu à Bangui, le 25 juillet 2020 à huis clos par le gouvernement et les garants et facilitateurs de l’Accord du 6 février. Selon le procès verbal de cette rencontre, le chef de l’UPC s’engageait entre autres à ne pas s’opposer au déploiement de l’autorité de l’Etat, à retirer ses troupes de Bambouti, à soutenir le processus électoral en assurant la libre circulation de tous les acteurs de ce processus. Le mouvement avait également accepté de créer les conditions de désarment et s’abstenir de tout acte qui relève de la compétence régalienne de l’Etat.

Cet énième épisode s’ouvre alors que des voix s’élèvent au sein des partis politiques et mouvements de la société civile, réclamant la démission du Premier ministre et appelant à une ville morte le mercredi 05 août 2020. Le gouvernement, à son tour, promet de communiquer très prochainement sur cette situation.