©Agence France Presse
Des éléments de l’ex-rébellion Séléka faisant leur marche vers Bangui, janvier 2013
vendredi 9 octobre 2020 15:14 RADIO NDEKE LUKA

Le processus électoral a du plomb dans l’aile dans le Haut-Mbomou à cause de la situation sécuritaire qui y est toujours précaire. Les députés de cette région dénoncent le blocage du processus électoral et les conditions de vie de plus en plus déplorables à cause des exactions des hommes de l’UPC et de la LRA.

La situation sécuritaire préoccupante dans la région du Haut-Mbomou ne favorise pas le bon déroulement du processus électoral. Selon les autorités de cette préfecture, les éléments de l’UPC, qui œuvrent désormais en connivence avec l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), empêchent davantage la libre circulation des biens et des personnes. L’accès aux produits de première nécessité devient de plus en plus difficile à cause de cette montée d’insécurité.

De retour d’une mission parlementaire dans la région, le député de Bambouti qualifie, de prison à ciel ouvert, les conditions de vie des habitants de la région. Le parlementaire déplore également le fait qu’il n’ait pas pu mettre pied à Bambouti, sa zone électorale, à cause de l’interdiction faite par l’UPC. A cet effet, l’élu de la Nation regrette que le processus de recensement des électeurs soit toujours bloqué à Bambouti et Zémio du fait de l’hostilité des groupes armés.

« Aujourd’hui, la ville de Obo est sous l’embargo de l’UPC. La voie qui mène de Bambouti à Obo est verrouillée par l’UPC et la LRA, si bien qu’aujourd’hui, personne ne peut quitter Obo pour se rendre dans cette ville. L’enrôlement des électeurs à Mboki et Bambouti n’a pas été effectif. Ce n’est que quelques 700 personnes qui ont été enregistrées » affirme Jean Bernard Anioué Gbissigui, député de Bambouti.

Toujours, selon le parlementaire, la vie devient insoutenable pour la population du Haut-Mbomou. A titre d’illustration, une cuvette de manioc, aliment de base, se vent aujourd’hui à 10.000 francs CFA. Cette inflation étouffe durement les habitants.

« Je vous promets que ceux qui sont partis travailler à Obo ont démissionné du fait du coût de la vie. Parce que le morceau de savon que vous trouverez à Bangui à 100 francs, coûte 1000 francs CFA. Une cuvette de manioc coûte 10.000 francs CFA. Ce n’est pas tout le monde qui a cette possibilité de s’en procurer. De cette manière, comment la population peut subvenir à ses besoins » déplore l’élu de la Nation qui plaide pour la dotation en moyens roulants des Forces armées centrafricaines pour la libération de la région.

La préfecture du Haut-Mbomou, à l’Est de la République centrafricaine est en proie à l’insécurité à cause de la présence, dans la localité depuis plusieurs mois, des éléments de l’UPC d’Ali Darassa et ceux de la LRA de Joseph Koni. Une situation qui handicape déjà le processus électoral à quelques mois des élections présidentielle et législatives.