©Le quotidien de Bangui
Une patrouille des forces de l’ordre au centre-ville de Bangui
mardi 13 octobre 2020 16:06 RADIO NDEKE LUKA

Quarante huit (48) heures après la sortie officielle du « Mouvement 4500 », les autorités bondent leurs muscles. Cette plateforme de la société civile qui appelle au strict respect de la loi de la République, a dans son collimateur Al-Madina Group Sarl, accusée de spéculer sur le frais de documents administratifs sécurisés. Lors d’une manifestation organisée ce 13 octobre 2020 à Bangui contre le frais d’établissement de la carte nationale d’identité (CNI), trois de ses leaders ont été arrêtés par la police.

Le « Mouvement 4500 » contre la spéculation du frais de documents sécurisés, a été empêché de manifester ce mardi matin à Bangui. Trois de ses leaders arrêtés lors d’un rassemblement non autorisé, sont détenus au commissariat central par la police. En effet, les forces de l’ordre ont investi très tôt ce matin les lieux du rassemblement qui devrait débuter à partir du rond-point Boganda pour chuter à la brigade criminelle, lieux de confection de la carte nationale d’identité.

Cette mobilisation consiste à dénoncer, dans un premier temps, l’entêtement de l’entreprise libanaise Al-Madina, en charge de la confection de la carte nationale d’identité et autres documents administratifs, foulant au pied, la Loi de la République et la décision de la justice centrafricaine. Les leaders de la société civile condamnent l’arrestation de leurs paires.

« Cette arrestation nous a permis de comprendre que Al Madina a pris en otage les institutions de la République, notamment, le ministère de la Sécurité avec son ministre Wanzé Linguissara. Le ministre a trahi la République centrafricaine car il est entré en intelligence avec un mercenaire, en la personne de Nassour » a déploré Paul Crescent Beninga, Porte-parole du Groupe de travail de la société civile.

Malgré l’empêchement de cette manifestation et ses arrestations, les manifestants persistent et signent que leur mouvement ne va pas s’arrêter là.

« Aujourd’hui, vous remarquez que lorsqu’il s’agit des mouvements proches du pouvoir, les manifestations sont soutenues et encadrées. Mais lorsqu’il s’agit des mouvements citoyens qui luttent pour le bien-être des centrafricains, ceux-ci sont combattus. Parce que l’intérêt de certaines personnes est en jeu. Mais nous, on ne va pas baisser les bras » a ajouté Paul Crescent Beninga.

Jusqu’à lors, les autorités n’ont pas encore réagi à ce nouvel épisode. A la veille de cette manifestation, sur les médias d’Etat, un communiqué du ministère de la Sécurité publique, signé du général Wanzé Linguissara, a attiré l’attention des organisateurs du « Mouvement 4500 » sur un éventuel trouble à l’ordre public. Cette interdiction intervient alors qu’il n’y a pas longtemps, la police a encadré une marche contre Anicet Georges Dologuélé, chef de file de l’opposition, bien qu’elle ait été interdite. Les observateurs sociaux se demandent, quelles manifestations doivent être autorisées et quelles sont celles qui doivent être interdites.