Le leader séparatiste anglophone Julius Ayuk Tabe.
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Par RFI Publié le 20-08-2019 Modifié le 21-08-2019 à 03:50

Le dirigeant des séparatistes anglophones au Cameroun, Julius Ayuk Tabe, ainsi que neuf de ses partisans, ont été condamnés à la prison à perpétuité ce mardi 20 août par le tribunal militaire de Yaoundé, pour terrorisme et sécession notamment.
La sentence est tombée à 5h37 ce mardi matin au terme d’une audience fleuve qui a débuté lundi 19 août et qui s’est poursuivie toute la nuit. Julius Ayuk Tabe et ses coaccusés ont écopé de la prison à vie. Ainsi, le leader séparatiste et ses neuf compagnons d’infortune sont appelés à passer le restant de leur vie en réclusion. Ils doivent par ailleurs s’acquitter solidairement des dommages astronomiques, voire rédhibitoires, de 250 milliards de francs CFA à l’État du Cameroun.

Les avocats de la défense étudient la possibilité de faire appel, certains qualifiant la procédure de parodie de justice. Le leader anglophone avait été interpellé avec 46 autres indépendantistes au Nigeria voisin, en janvier 2018, et avait été transféré à Yaoundé. Une extradition jugée illégale depuis par la justice nigériane.

Ces derniers temps, Julius Ayuk Tabe, président autoproclamé de l’Ambazonie, était apparu fragilisé par des dissenssions internes dans la direction des séparatistes.

Il faut qu’en mai, il s’était dit prêt à négocier avec le pouvoir de Yaoundé pour le réglement définitif de la crise anglophone. Tout en formulant des conditions préalables à l’ouverture des discussions. Entre autres, le retrait de l’armée et de l’administration des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que la libération de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de cette crise. Il avait souhaité placer les négociations sous l’égide des Nations unies ou de l’Union africaine. Un signe d’ouverture contesté par la branche radicale de son mouvement.

Sa condamnation va t-elle compliquer encore plus un éventuel dialogue avec Yaoundé ? C’est ce que craignent Denis Nkenlemo, porte-parole du parti d’opposition SDF et Maximilienne Ngo Mbe, la directrice du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale, tous deux cités par l’Agence France-Presse.

Sur le terrain, le conflit n’a quant à lui pas baissé en intensité. Il aurait déjà fait, selon diverses sources, près de 3 000 morts, civils et militaires confondus.