Agathon Rwasa et son parti le CNL sont en campagne électorale à Ngozi, le 27 avril 2020 (illustration) REUTERS/Evrard Ngendakumana
Texte par : RFI
Publié le : 05/05/2020 – 07:37 Modifié le : 05/05/2020 – 07:41

Nous sommes à un peu plus de deux semaines des élections générales au Burundi dont un scrutin présidentiel auquel le président sortant Pierre Nkuruziza ne se représente pas. On assiste à un véritable duel à distance entre les deux poids lourds de la présidentielle, le général Evariste Ndayishimiye, candidat du parti au pouvoir présenté comme le favori d’un scrutin que certains considèrent joué d’avance, et son principal challenger Agathon Rwasa, qui surprend par sa combativité et sa popularité sur une bonne partie de la population. Et chacun y va avec sa propre stratégie.

Le général Evariste Ndayihimiye veut capitaliser depuis le début de sa campagne sur la popularité du président sortant. Pierre Nkurunziza l’accompagne donc dans tous ses meetings et, sur ses affiches électorales ou dans les chants qui appellent à voter pour lui, le candidat du Cndd-FDD au pouvoir est présenté comme son « héritier », qui vient mettre enfin le Burundi au travail.

« Nous avons déjà construits les fondations, c’est l’heure maintenant d’aller de l’avant sur la voie du développement, lance le général Ndayishimiye. Et ce n’est pas le combat d’un seul homme ! C’est pour cela que j’appelle tous les Burundais à se joindre à moi dans ce combat contre la pauvreté. Nous allons l’éradiquer car nous ne voulons plus voir un seul Burundais sans travail ! »

Succès des meetings d’Agathon Rwasa

Le parti au pouvoir au Burundi est un véritable rouleau compresseur électoral, mais son principal adversaire surprend. Le candidat du CNL, Agathon Rwasa draine également de véritables marées humaines partout où il passe malgré une répression qui se durcit selon lui. Et partout il prône une « rupture totale » avec un régime qui, dit-il, a fait perdre aux Burundais leur « dignité ».

« L’heure de retrouver sa dignité a sonné pour le Burundi. Le CNL veut construire un Burundi pour tous. Un Burundi où on n’est pas ciblé pour ses idées, et où le travail n’est pas réservé aux membres du parti au pouvoir. C’est un Burundi qui ne va plus faire des réfugiés, dit-il, mais qui va pousser ceux qui en exil aujourd’hui à rentrer dans leur pays ».