Le Premier ministre Boris Johnson devant le 10 Downing street, le 6 novembre 2019. Toby Melville / Reuters
Texte par : FRANCE 24
Publié le : 17/12/2019 – 16:47 Modifié le : 17/12/2019 – 16:47

Désormais fort d’une large majorité, le Premier ministre britannique Boris Johnson compte accroître la pression sur l’Union européenne pour obtenir un accord commercial avant la fin de l’année 2020.

Renforcé par sa victoire aux élections législatives, Boris Johnson repart en campagne pour arracher un accord commercial post-Brexit avant la fin 2020. Le Premier ministre a d’ores et déjà exclu toute prolongation de la période de transition, censée adoucir la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Le chef du gouverment compte inscrire cette nouvelle date-butoir dans la loi d’application de l’accord de divorce, qu’il présentera dès vendredi aux députés.

« Le programme électoral (de Boris Johnson) excluait explicitement toute extension de la période de transition. Ce gouvernement est déterminé à tenir les promesses faites aux Britanniques », a déclaré son porte-parole à l’issue du premier conseil des ministres post-législatives.

Lors d’un échange téléphonique, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et Boris Johnson ont convenu de collaborer « avec une grande énergie pour conclure un futur partenariat d’ici à décembre 2020 », a-t-il poursuivi. Ils veulent lancer les négociations « dès que possible », après le Brexit.

L’impérieuse nécessité de tenir une promesse de campagne

Pour Boris Johnson, qui avait fait de la sortie de l’UE une promesse phare de sa campagne, il s’agit de respecter la confiance accordée par les électeurs aux conservateurs, qui ont triomphé en raflant 365 sièges sur 650 aux dépens des travaillistes.

« Les électeurs de ce pays ont changé le gouvernement et notre parti pour le mieux et nous devons récompenser leur confiance en travaillant à fond pour changer notre pays pour le mieux », a-t-il commenté en réunissant ses ministres.

« Nous ne devrions pas du tout être gênés de dire que nous sommes un gouvernement du peuple », a-t-il ajouté avant la première séance du nouveau Parlement dans l’après-midi.

Cette nouvelle échéance, et l’éventualité d’un « no deal » qu’elle implique, a aussitôt fait fortement baisser la livre, mettant fin à plusieurs jours d’enthousiasme. Il a aussi de quoi fâcher les europhiles, quelques jours après que Boris Johnson s’est posé en rassembleur d’un pays meurtri par ses divisions sur le Brexit, adopté avec 52 % des voix en 2016.

L’accord de divorce négocié avec Bruxelles prévoit une période de transition jusqu’à fin 2020, prolongeable une fois d’un an ou deux, afin d’éviter une rupture brutale.

Pendant cette transition, les Britanniques continueront d’appliquer les règles européennes et d’en bénéficier. Pour qu’elle soit étendue, Londres doit en faire la demande avant le 1er juillet 2020.

C’est durant cette période que les négociations, qui s’annoncent difficiles, devront être menées. Ce calendrier est jugé « très court » à Bruxelles. Beaucoup d’experts jugent ce délai insuffisant également, plusieurs années étant généralement nécessaires pour négocier un accord commercial bilatéral.

Boris Johnson souhaite un accord de libre-échange inspiré de celui conclu entre l’UE et le Canada, selon son porte-parole. « Dans tous les cas, nous quittons le marché unique et l’union douanière », a-t-il indiqué, soulignant la volonté des parties de se diriger vers un modèle sans droits de douane ni quotas.

À défaut d’accord commercial, les relations économiques entre Bruxelles et Londres seraient régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), bien moins avantageuses que le dispositif actuel car elles fixent des droits de douane pour les marchandises.

AFP