Des touristes sous les pluies diluviennes causées par le passage de l’ouragan Barry, dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, le 13 juillet 2019. Jonathan Bachman, Reuters
Texte par : FRANCE 24 Première publication : 13/07/2019 – 08:28 Dernière modification : 13/07/2019 – 22:09

Les autorités de cet État du sud des États-Unis ont fait évacuer les zones côtières. La tempête tropicale Barry, qui a passé quelques heures au stade d’ouragan avant d’être rétrogradée, poursuit sa lente progression en Louisiane.

La tempête tropicale Barry, dont les vents ont soufflé jusqu’à 120 km/h, s’est transformée, samedi 13 juillet, en ouragan de catégorie 1 pendant quelques heures. L’épisode météorologique qui a touché les terres de la Louisiane en milieu de journée, a ensuite été de nouveau rétrogradé en tempête tropicale après un essoufflement de ses vents à 115 km/h.

Dans cet État du sud des États-Unis, encore marqué par l’ouragan Katrina de 2005, les autorités ont exhorté les habitants à se mettre à l’abri et à faire des provisions. Certains résidents ont pour leur part choisi de quitter la ville.

La tempête devrait toutefois s’affaiblir en se déplaçant à travers la Louisiane, vers le nord, au moins jusqu’à dimanche.

Villes fantômes

Les zones côtières périphériques ont été évacuées, au-delà de la zone où les digues ont été renforcées après le passage de Katrina, dans les paroisses de Plaquemines et Jefferson, dans le sud de la ville.

La petite ville de Morgan City, située à environ 140 kilomètres au sud-ouest de La Nouvelle-Orléans, devrait être l’une des plus touchées. À 15h (heure locale), le coeur de la tempête ne se trouvait qu’à 80 km de celle-ci.

Selon une équipe de l’AFP sur place samedi matin, Morgan City n’était qu’une ville fantôme recevant des trombes d’eau, balayée par de fortes rafales de vent. Des arbres jonchaient des rues de plusieurs quartiers et la rivière Atchafalaya était sortie de son lit.

LaToya Cantrell, maire de La Nouvelle-Orléans, a appelé les habitants à rester à l’abri. La ville avait instauré un couvre-feu pour la nuit de vendredi à samedi, à l’instar d’autres localités.

Toutefois, si des milliers d’habitants ont évacué, dès vendredi, les zones côtières, d’autres, en particulier dans les bayous, ont choisi de braver les éléments.

« On est déjà restés pendant des gros ouragans alors qu’on aurait dû partir », expliquait Keith Delahoussaye, mécanicien de 60 ans, devant son mobile home à Port Sulphur, près du fleuve Mississippi. « Mais on partira si on voit que l’eau monte jusqu’ici ».

Il est prévu que tombent de très abondantes précipitations, de l’ordre de 600 mm en certains endroits, ce qui, disent les autorités, risque de provoquer des inondations sur le cours inférieur du Mississippi.

D’autant que le sol de la région est déjà bien saturé après de récents orages et une pluviosité importante depuis le début de l’année. Le Mississippi, plus grand fleuve d’Amérique du Nord, atteignait déjà vendredi son niveau de crue (5,18 mètres) à La Nouvelle-Orléans, protégée par des digues de 6,10 mètres. Le fleuve devrait culminer à 5,79 mètres, selon les météorologues.

« Longue période de fortes chutes de pluie »

Facteur aggravant, relèvent les météorologues : la faible vitesse de déplacement de la tempête « va avoir pour conséquence une longue période de fortes chutes de pluie et de risque d’inondation », en particulier dans le delta du Mississippi et au-delà « jusqu’au début de la semaine prochaine ».

Les vents de Barry, celui qui a été le premier ouragan de la saison dans l’Atlantique, devraient s’affaiblir encore en se déplaçant vers le nord.

En revanche, la tempête tropicale charrie « une extraordinaire quantité d’humidité » qui présente « un potentiel de fortes pluies » jusque dans le nord des États-Unis, a prévenu le directeur du Centre national des ouragans (NHC), Ken, Graham.

Le niveau de la mer et du lac Pontchartrain, sur les berges duquel est nichée La Nouvelle-Orléans, subissait samedi matin une hausse pouvant aller jusqu’à 1,8 mètre.

Le traumatisme de Katrina

La Louisiane reste traumatisée par le souvenir du puissant ouragan Katrina en août 2005. Les digues protégeant la Nouvelle-Orléans avaient cédé sous le poids de l’eau, inondant 80 % de la cité et causant un millier de morts, sur un total de plus de 1 800 durant la catastrophe.

Les autorités ont annulé un concert des Rolling Stones prévu dimanche soir à la Nouvelle-Orléans. La mairie de la ville, dont les 118 pompes sont prêtes à évacuer l’eau, a ordonné un couvre-feu à partir de 20 h vendredi (00 h GMT samedi). D’autres bourgades ont fait de même.

Le président Donald Trump a déclaré l’état d’urgence en Louisiane en prévision de l’arrivée de la tempête tropicale sur les côtes.

Avec AFP et Reuters