Parmi les démissionnaires, le ministre des Transports Norbert Hofer, nouveau chef désigné du FPÖ.
HANS PUNZ / APA / AFP

Par RFI Publié le 20-05-2019 Modifié le 20-05-2019 à 21:17

En Autriche, tous les ministres d’extrême droite FPÖ ont présenté ce lundi 20 mai leur démission, trois jours après l’éclatement de l’« Ibizagate » et suite au limogeage du ministre de l’Intérieur.

Fin de partie pour la coalition en Autriche. A quelques jours des élections européennes, pas question pour les conservateurs de se laisser éclabousser par le scandale qui touche leurs alliés du FPÖ. Comme il l’avait annoncé, le chancelier Sebastian Kurz a demandé le limogeage du ministre d’extrême droite de l’Intérieur, Herbert Kickl.

« Il est clair que M. Kickl ne peut pas enquêter sur lui-même », estime le chancelier. Ses fonctions à l’Intérieur sont incompatibles avec l’enquête qui vise son propre parti et son dirigeant, l’ex-vice-chancelier Heinz Christian Strache. Celui-ci avait rapidement quitté ses fonctions, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il se montrait prêt à se compromettre avec la Russie. Mais le ministre de l’intérieur refusait d’en faire autant.

Suite à son limogeage, les quatre autres ministres FPÖ de la coalition ont fait savoir qu’ils démissionnaient en bloc, comme ils l’avaient prévu. C’est donc la fin de 18 mois de coalition et la fin du gouvernement. Les élections anticipées pourraient avoir lieu en septembre. D’ici là, Sebastian Kurz souhaite nommer des ministres d’intérim au profil de techniciens et il appelle l’opposition à « garantir la stabilité du pays ».

Si le FPÖ est recul de 5 points dans un sondage d’opinion paru ce lundi, l’ÖVP de Sebastian Kurz n’est non seulement npas affecté par le scandale, mais il progresse même de 4 points. Et à quelques jours des européennes, des responsables politiques ont mis en garde contre le modèle autrichien de coopération entre conservateurs et extrême droite.