Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu au siège du Likoud, au soir du 18 septembre 2019.
REUTERS/Ammar Awad
Par RFIPublié le 18-09-2019 Modifié le 18-09-2019 à 20:18

Le dépouillement est toujours en cours en Israël au lendemain des élections législatives. Bleu-blanc, la formation de Benny Gantz, compte un siège d’avance sur le Likoud de Benyamin Netanyahu. La Liste arabe unie arrive en troisième position. Et Avigdor Liberman et Israël Beytenou se posent en arbitre du duel entre les deux principaux candidats.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Un des éléments importants qui va se jouer dans les prochaines heures sera l’attribution de la première place de ce scrutin : qui du Likoud ou de Bleu-blanc finira en tête ? Même si l’avance est infime, le chef de file de cette formation disposera d’une plus forte légitimité pour revendiquer la tâche de former un gouvernement.

L’enjeu est notamment de savoir quel est le nom qu’Avigdor Lieberman donnera au président quand celui-ci entamera ses consultations en vue de la désignation d’un Premier ministre. Le chef d’Israel Beytenou veut forcer le Likoud et Bleu-blanc à s’allier dans un gouvernement dit d’union nationale. Mais même dans ce scénario, lorsque viendra le moment de choisir le chef de cette union, Lieberman devrait recommander celui qui est arrivé en tête du scrutin.

Vers un gouvernement d’union nationale ?

Sur le plan idéologique, le Likoud et Bleu-blanc semblent compatibles. Mais une alliance nécessiterait de répondre à une question épineuse : qui dirigera ce gouvernement ? Benyamin Netanyahu a réaffirmé cette nuit qu’il n’était pas question pour lui de céder la place. « Il ne partira pas de lui-même, ça c’est assez évident, confirme Alain Dieckhoff, chercheur à Sciences Po et spécialiste d’Israël. Mais de son côté, Benny Gantz a répété à de nombreuses reprises durant la campagne qu’il n’entrerait pas dans un gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahu. Sa formation demande d’ailleurs le départ d’un Premier ministre au cœur de trois affaires de corruption.

Autre obstacle : l’option d’un gouvernement d’union nationale n’est pas celle privilégiée par Benyamin Netanyahu. Il n’a d’ailleurs pas repris ce terme cette nuit, préférant parler d’un « gouvernement sioniste ». « Ça ne va pas être facile cela dit et il est assez clair que s’il parvenait à le faire, ce serait inévitablement avec Liberman, poursuit Alain Dieckhoff. Or celui-ci demandera un prix très élevé pour rentrer dans une coalition dirigée par Netanyahu. »

L’une des stratégies du Likoud pourrait être de tenter de faire exploser la coalition Bleu-blanc en attirant dans un gouvernement de droite quelques députés de la formation de Benny Gantz. Au risque de provoquer une nouvelle impasse et de troisièmes élections : cette stratégie avait échoué au mois de mai dernier.

La stratégie de la Ligue arabe unie

Autre élément d’incertitude : quelle sera l’attitude de la Liste arabe unie ? Son chef de file n’a pas exclu de recommander Benny Gantz comme Premier ministre, mais il a posé des conditions.

Une chose est sûre : si Avigdor Lieberman et Ayman Odeh apportent tous les deux leur soutien au leader de Bleu-blanc, Benyamin Netanyahu sera alors mis en minorité.