Le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, entouré de journalistes alors qu’il se présente au tribunal de Paris pour son procès, le 13 septembre 2019. Benoit Tessier, Reuters
Texte par : FRANCE 24
Publié le : 14/09/2019 – 15:07

Au lendemain de la condamnation puis de l’incarcération de Patrick Balkany pour fraude fiscale, l’ancien président Nicolas Sarkozy a fait part samedi de son soutien à son « ami d’enfance », le maire de Levallois-Perret, et à son épouse.

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a dit samedi 14 septembre avoir « de la peine » pour son « ami d’enfance » Patrick Balkany, condamné vendredi à quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt, et espérer que le maire Les Républicains de Levallois-Perret et son épouse Isabelle « vont tenir le coup ».

« C’est un ami d’enfance et ça m’a fait de la peine pour lui, ça me fait de la peine pour elle. C’est certainement pas quand les gens sont dans la difficulté qu’il faut les abandonner », a déclaré à la presse l’ancien chef de l’État, un très proche du couple Balkany, qui s’exprimait en marge d’une séance de dédicace de son livre à Neuilly-sur-Seine.

Condamné pour fraude fiscale, Patrick Balkany, une figure de la droite française, a passé sa première nuit à la prison de la Santé à Paris. Selon une source proche du dossier, l’ancien député a été placé en détention au quartier « pour personnes vulnérables », « qui n’est en aucun cas un quartier VIP ». Ce quartier spécifique accueille notamment des fonctionnaires de police, des élus et des hommes soupçonnés d’infractions à caractère sexuel.

Une peine « inédite »

Les avocats du maire de Levallois-Perret, qui a aussi été condamné à dix ans d’inéligibilité, ont dénoncé une peine « inédite » et « qui bat tous les records ». Ils ont immédiatement fait appel et déposé une demande de mise en liberté. Cette demande sera examinée par la cour d’appel de Paris, qui doit statuer dans les deux mois.

Isabelle, son épouse et première adjointe, a elle été condamnée à trois ans de prison ferme, mais sans mandat de dépôt. « Je ne comprends pas (…) et je comprends d’autant moins que le président du tribunal a dit deux fois qu’il n’y avait pas un centime d’argent public » dans la fraude fiscale du couple, a réagi Isabelle Balkany sur BFMTV juste après la condamnation.

Le couple a « toujours assumé » ses fautes, a estimé la première adjointe de Levallois-Perret, qui cogérait avec son mari cette ville cossue proche de Paris. « Je pensais, peut-être naïvement – j’aurais dû poursuivre mes études de droit –, que l’on plaçait sous mandat de dépôt quelqu’un qui représentait éventuellement un danger pour l’ordre public ou qui pourrait quitter la France subitement. Ce n’est évidemment pas le cas de mon époux », a ajouté Mme Balkany.

Des habitants sous le choc

À Levallois-Perret, l’incarcération de Patrick Balkany, âgé de 74 ans et dirigeant la commune des Hauts-de-Seine depuis 1983, a suscité la stupeur chez de nombreux habitants. Au-delà de la condamnation, c’est l’incarcération immédiate qui a frappé les esprits.

« Je trouve ça franchement excessif. Il n’a tué personne ! Qu’on lui saisisse ses biens, à la limite. Mais de la prison… », s’indigne une commerçante du centre-ville, qui souhaite rester anonyme. « Je pense qu’il n’est pas traité équitablement par rapport aux autres hommes politiques. Ça sent un peu le délit de sale gueule », estime Marie Dubuc, qui débat de la décision avec son compagnon à la terrasse d’un café.

Ce n’est pas l’avis d’Alexandre, qui travaille dans un bar attenant à la mairie. « On doit tous payer pour ce qu’on a fait. Il a échappé à la prison depuis longtemps grâce à ses relations. Maintenant, c’est fini », lâche le serveur. « Mais les gens, ici, ils sont de son côté », poursuit-il : « Ils vont être choqués, c’est sûr, parce qu’il a beaucoup fait pour la ville. »

Réélu en 2014, Patrick Balkany espère toutefois pouvoir retrouver ses pleines fonctions à la mairie si sa demande de mise en liberté est acceptée. Mais en l’absence du maire, c’est sa femme, Isabelle Balkany, qui devra assurer l’intérim. La première adjointe de la ville a indiqué qu’elle était « à la mairie » et qu’elle « continue à travailler pour les Levalloisiens ». « Je suis, tant qu’il est empêché – quelques jours seulement, je l’espère – maire par interim puisque je suis suivante de liste, donc je mènerai le conseil municipal » prévu le 23 septembre, a-t-elle précisé.

Avec AFP