Des membres de la police de Minneapolis lors d’une manifestation après la mort de George Floyd, le 7 juin 2020. Kerem Yucel / AFP
Texte par : RFI
Publié le : 08/06/2020 – 11:15 Modifié le : 08/06/2020 – 11:27

Après la mort de George Floyd, le conseil municipal de Minneapolis a promis de démanteler la police accusée de racisme depuis des années. Une décision qui serait inédite et dont les contours sont encore très flous.

Avec notre envoyé spécial à Minneapolis, Éric de Salve

« Defund the police. » C’est l’un des cris de ralliement des manifestants depuis la mort de George Floyd. C’est-à-dire démanteler, voire abolir une police détestée et transférer ses financements vers d’autres activités.

Samedi, à l’appel de l’organisation Black Visions, en pointe des manifestations, des protestataires s’étaient retrouvés sous les fenêtres du domicile du maire démocrate de la ville pour le forcer à se prononcer sur la question. Jacob Frey s’est dit opposé à tout démantèlement de la police et a dû quitter la manifestation sous les huées. Mais le lendemain, lors d’une autre manifestation, neuf élus de Minneapolis, c’est-à-dire une majorité suffisante pour contourner son veto, ont promis de lancer ce processus de démantèlement. Responsable de nombreux morts, le Minneapolis Police Department est selon eux raciste et irréformable.

La directrice de Black Visions, qui milite pour la disparition de la police, s’en est immédiatement félicitée. « Nous sommes plus en sécurité, dit Kandace Montgomery, sans ces patrouilles armées payées par l’État qui chassent les personnes noires sans rendre de compte à personne. Mais, dit-elle, il n’aurait pas dû y avoir tant de morts pour en arriver là. » Pour autant, nul ne semble savoir à quoi ressemblerait ce nouveau système sécuritaire. Les élus disent eux-mêmes n’avoir aucun projet spécifique mais promettent d’y réfléchir avec les habitants.

« Ma mère n’a jamais eu à s’inquiéter que je sois tué un jour par la police. C’est pour ça que c’est à nous, les Millénium, et nous les Blancs, de dénoncer et combattre ce système d’oppression. »
Veillée pour les victimes de la police à Minneapolis
Éric de Salve