Fidèles à l’écoute des prières de l’Aid-el-Adha à la mosquée Abdul Rahman à Kaboul, le 31 juillet 2020. WAKIL KOHSAR / AFP
Texte par : RFI
Publié le : 31/07/2020 – 11:24 Modifié le : 31/07/2020 – 11:57

Un cessez-le-feu de trois jours entre le gouvernement afghan et les Talibans a débuté ce vendredi 31 juillet, rare moment de répit qui, beaucoup l’espèrent, pourrait mener à des pourparlers de paix historiques entre les deux camps. La trêve, qui doit durer trois jours à l’occasion des fêtes de l’Aïd al-Adha, est la troisième en près de 19 ans de guerre.

La trêve va-t-elle tenir ? C’est une question que beaucoup se posent dans ce pays ravagé par des décennies de guerre. Quelques heures seulement avant le début du cessez le feu, 17 personnes ont été tuées dans un attentat à la voiture piégée. L’espoir est pourtant là et des centaines d’Afghans se sont rendus à la mosquée ce vendredi matin dans la capitale, où certains d’entre eux ont été contrôlés par des gardes pour limiter les risques d’attentat. Si aucun combat n’a été signalé pour l’instant, le danger reste en effet une constante dans ce pays ravagé par la guerre depuis des décennies.

C’est pourtant une occasion historique de faire progresser la paix. Le président Ashraf Ghani et les Talibans ont laissé entendre que les pourparlers pourraient débuter après l’Aïd. Ces négociations interafghanes devaient initialement se dérouler à partir du 10 mars, mais cette date a été dépassée en raison notamment d’une stagnation du processus d’échange des prisonniers, dont l’achèvement est exigé en préalable par les rebelles.

Jusqu’ici les taliban ont relâché un total de 1005 membres des forces de sécurité, les autorités afghanes ont quant à elles libérés 4600 prisonniers et annoncé la libération prochaine de 500 autres. Certains prisonniers, qui figurent sur la liste des taliban, ne seront toutefois pas relâchés car considérés comme trop dangereux, a prévenu le président Ghani. Mais le chiffre de 5000 combattants relâchés sera atteint, comme stipulé dans l’accord que les taliban ont signé avec Washington.

Prisonniers trop dangereux pour être libérés

Cette libération par les autorités afghanes de 5 000 insurgés et par les Talibans de 1 000 membres des forces de sécurité, touche bientôt à sa fin. Les rebelles ont annoncé jeudi soir avoir fait leur part, avec un total de 1 005 prisonniers libérés, alors que Kaboul a déjà relâché 4 600 prisonniers. Le chef de l’État a répondu en annonçant ce vendredi la libération prochaine de 500 prisonniers Talibans « pour montrer [sa] bonne volonté et accélérer les négociations de paix ».

Mais il a également alerté que certains des prisonniers dont les Talibans demandent la libération sont trop dangereux pour être relâchés. Les 500 insurgés qui seront libérés ne font pas partie de la liste transmise par les insurgés, a précisé le président. « Je n’ai pas le droit de décider de la libération de ces 400 prisonniers talibans qui sont accusés de crimes majeurs », a-t-il ajouté lors d’un discours à l’occasion de l’Aïd.

Ces libérations suffiront-elles à satisfaire les exigences des talibans ? Les prochains jours seront décisifs.

Violences accrues depuis l’accord avec Washington

S’ils ont interrompu leurs attaques contre Washington depuis la signature de l’accord américano-taliban, les insurgés ont augmenté leurs violences contre les Afghans. Selon Ashraf Ghani, plus de 3 500 membres des forces afghanes et près de 800 civils ont été tués depuis l’accord.

À la suite des deux précédentes trêves–en 2018 et en mai 2020–les Talibans étaient retournés immédiatement sur le champ de bataille.

(avec AFP)