Michel Gueret est le fils de François GUERET, Magistrat et de Marie Olive NGBATA, Conseillère en Economie familiale, retraitée. Il est connu sous le nom de DJ DEF JAM MASTER GEE souvent ramené à MASTER GEE. C’est son nom de scène.
Nous le voyons partout à Montpellier lorsqu’il y a des événements organisés par la communauté centrafricaine. Tout le monde le connait et surtout sa passion qui est la musique. Il le dit lui-même : « Ce n’est pas mon métier, je ne le fais pas à temps plein, mais c’est ma toute première passion ! Vraiment, ma passion, c’est la musique ». De double nationalité, lui et sa famille baignent dans la culture africaine et occidentale, alors nous nous posons tout bonnement la question de savoir si la RCA parle toujours à leur cœur.

Vous êtes un fanatique de la musique, dans quel type de musique pouvons-nous vous classer ?
Je suis inclassable, fanatique de toutes les musiques. J’ai grandi dedans, j’ai grandi avec. Dès mon plus jeune âge, je me levais à 04 heures de matin pour écouter de la musique au salon, j’avais trois ans. J’ai commencé avec la musique africaine, la musique européenne car j’ai grandi en France. Je ne pourrai pas moi-même me définir dans une classe musicale, je suis généraliste dans le sens global du terme.

Que représente pour vous la musique ?
Comme je le disais tantôt, j’ai manié très tôt la musique, je le disais, je me levais très tôt le matin, je me faisais attraper par mes parents qui me renvoyaient au lit. Quand ils faisaient entre parents leurs soirées, j’étais toujours dans leurs pattes, toujours entrain de voir comment ils dansaient, comment mon père mettait la musique et les disques. Cela m’a poursuivi toute ma vie et jusqu’à présent. Ce n’est pas mon métier, je ne le fais pas à temps plein, mais c’est ma toute première passion ! Vraiment, ma passion, c’est la musique !

Est-ce que vous êtes vous-même un auteur compositeur ?
Oui, effectivement, je suis auteur-compositeur ; j’ai commencé vraiment à me mettre dans le bain à la fin des années 80 avec le groupe « Centromix » et avec mon compatriote et compagnon de route le bassiste Césaire NGANAFIO, nous avons créé un groupe qui s’appelle « Centromix » et qui existe toujours. C’est à partir de là que j’ai commencé à poser mes propres compositions et à poser ma voix en tant que leader et chanteur du groupe. Maintenant, je suis passé à la production. Comme il existe beaucoup de musiques assistées par ordinateur, les boîtes à rythmes et tout ce qui s’en suit, les productions se font plus en PAO, les musiques assistées par ordinateur. Je me suis donc mis à faire des mixes comme on le dit et je continue aussi à écrire. Je me suis aussi mis à la production en tant que distributeur d’artistes ainsi qu’à la production de mes propres morceaux que je mettrai en ligne et en vente. Je devais sortir depuis un album mais malheureusement, à cause de la conjoncture politique qui existe au pays, j’attends de voir. Il est encore dans les tiroirs.

,Vous êtes très actif dans la communauté centrafricaine à Montpellier. Que faites-vous précisément ?                                         Ce que je fais dans la communauté centrafricaine de Montpellier c’est que je ne suis pas membre actif du bureau exécutif mais je participe énormément à toutes les manifestations quelles qu’elles soient et je m’occupe surtout de les sonoriser, de toutes sonorisations et accompagnements musicaux. C’est ce que je fais pour la communauté centrafricaine. Je l’assiste très souvent.

Parlez-nous de votre association.
Mon Association « Panach Animations » a été créée en février 1997 à la sortie de ma formation de Technicien électro-ménager, en attendant de trouver du travail. Je me disais que j’ai ce qu’il faut, je ne vois pas pourquoi je tourne en rond, je vais créer ma propre structure, parce que je travaillais à gauche et à droite, dans les boîtes de nuit, les soirées ! Je suis donc devenu mon propre patron. « Panach Animations » est une Association d’animation qui regroupe des musiciens, des DJ et je couvre donc tous genres musicaux que cela soit en mariage, en prestations scéniques ou en boîte de nuit. Je considère que je n’ai pas de limite, mon panel est très très large. Je vais du nord au sud, de l’est à l’ouest, partout sur la carte mondiale.

Est-ce que vous vous intéressez à l’actualité de votre pays ? Quel commentaire pouvez-vous faire ?
Bien évidemment je m’intéresse à l’actualité de mon pays d’origine la République Centrafricaine. Ce n’est pas très réjouissant, il faut le dire. Je suis cela sur internet et par le reste de ma famille qui est toujours au pays, sur place et qui me donne les nouvelles en direct. J’ai l’impression que le pays régresse énormément en tout point, c’est un constat. Malheureusement, j’ai les pieds et poings liés, je ne peux faire grand-chose à part travailler à partir de la France et exporter tout cela pour que ça puisse faire avancer les choses, tant au niveau culturel, musical, que dans l’éducation. Il y a tellement de choses que je souhaiterais réaliser, mais malheureusement je suis encore coincé ici.

Vous êtes mariés à une Française. Quelle culture domine chez vous, celle de France ou celle de Centrafrique ?
Oui je suis marié à une Française de souche qui a un peu des origines étrangères ! Qui de nos jours est Français à 100 % ? Elle est bien Française, blanche de peau, rire, et a les deux cultures ! Il n’y a pas de dominance particulière. Effectivement, nos enfants sont métisses, ne connaissent que le France et ont grandi à la française. Ils n’ont jamais mis les pieds en Centrafrique. J’attends le jour où je pourrai les y emmener, quand le climat sera vraiment apaisé, car il s’agit d’une question de sécurité. Il ne sert à rien de prendre des risques inutiles dans un pays en chaos perpétuel. La culture chez moi c’est 50 /50, française et centrafricaine. 

Votre famille est-elle déjà allée en Centrafrique ? Que pensent vos enfants et votre épouse de la Centrafrique avec tout ce qui s’y passe depuis tant d’année ? Comptez-vous y retourner un jour définitivement ?
Mes enfants savent bien ce qui se passe chez eux en Centrafrique, leur pays d’origine. Je compte bien y retourner définitivement un jour mais sous conditions. Dans l’état actuel des choses, c’est hors de question, je crains pour ma sécurité, pour celle de ma famille. Avec ce que je sais de mon pays, de ce que l’on me raconte, je ne pourrai pas tenir là-bas. Moi-même j’ai grandi à la française. Je n’ai passé cependant de toute ma vie que 9 années en Centrafrique. Vous vous en rendez compte ? Que 9 ans ! Mais à la moindre ouverture je rentrerai au pays et je pourrai œuvrer de l’intérieur car actuellement j’essaye de me positionner en tant que l’un des leaders de la promotion de la musique centrafricaine. J’ai commencé avec mes maisons de productions où je n’ai quasiment que des Centrafricains que je produis et un Camerounais.

Un dernier message ?
On ne baisse pas les bras, l’on est Centrafricain avant tout, même si l’on est né ici, si l’on a grandi ici ! J’ai fait la Côte d’Ivoire aussi, l’Angleterre, l’Allemagne, mais je suis Centrafricain avant tout. A la moindre ouverture, si je peux aider mon pays sur place, je le ferai sans hésitation. 

Propos recueillis par Lydie NZENGOU KOUMAT-GUERET