Emmanuel Macron aux pieds de la statue du général de Gaulle à Paris, ce 8 mai 2020. Francois Mori/Pool via REUTERS
Texte par : RFI
Publié le : 08/05/2020 – 14:28

Les traditionnelles cérémonies du 8-Mai, célébrant la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945, se déroulent cette année dans un contexte inédit en raison de la pandémie de Covid-19. Ni grands défilés, ni cérémonies publiques, ce sont des commémorations à minima dans une Europe largement confinée qui ont lieu pour ce 75e anniversaire.

Cette année à Paris, les commémorations du 8-Mai se sont déroulées sur une place de l’Etoile déserte : il n’y avait pas de public pour assister au ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe, confinement oblige. Mais si le contexte était particulier, la tradition a été maintenue, relate notre journaliste Franck Alexandre.

Aux côtés du chef de l’État, Emmanuel Macron, étaient présents ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy, François Hollande, le Premier ministre Edouard Philippe ainsi que la ministre des Armées, Florence Parly.

Naturellement, les armées étaient représentées par leurs plus hauts responsables, dont le chef d’état-major François Lecointre.

Des officiels et une cérémonie a minima, adaptée pour respecter les mesures sanitaires, avec un seul porteur de drapeau aux côtés du président et une distanciation rigoureuse permettant à tous de ne pas porter de masque.

Tout au long de ce 8 mai, dans les villes et villages de France, c’est à ce type de cérémonie, sobre et fermée au public, que l’on devrait assister.

« Dans les communes, les maires pourront organiser, en format très restreint et en respectant strictement les mesures de distanciation, un dépôt de gerbe au monument aux morts », sans que le public ne soit autorisé, avait déclaré la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, le 20 avril dernier.

Dépôt de gerbe par Angela Merkel

En Allemagne, des milliers de jeunes venant des anciens pays belligérants devaient venir à Berlin, où une grande cérémonie publique devait se tenir devant le Reichstag, un bâtiment symbolique où les forces soviétiques hissèrent leur drapeau après la prise de la capitale du IIIème Reich. À cause de la pandémie, les commémorations ont eu là aussi une taille beaucoup plus modeste, a constaté notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.

Angela Merkel a appelé ce vendredi matin Vladimir Poutine avant de déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu. D’autres l’ont été devant les mémoriaux à la mémoire des soldats de l’Armée rouge tombés durant la guerre.

Le président Steinmeier, dans un discours, a souligné que « le 8 mai était une journée de libération mais cela a duré longtemps avant que ce soit accepté par beaucoup d’Allemands. Un travail de mémoire de plusieurs décennies a été nécessaire pour permettre à la démocratie de mûrir dans notre pays. »

Frank-Walter Steinmeier a condamné ceux qui voudraient tirer un trait sur l’histoire et la mémoire. Une allusion notamment au parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne. Un de ces principaux dirigeants, Alexander Gauland, avait estimé cette semaine que le 8 mai restait une « défaite absolue » qui a fait perdre à l’Allemagne son autonomie pour façonner son avenir.

Dans un sondage, les trois quarts des sympathisants de l’AfD estiment que le IIIè Reich tient une place trop importante dans la mémoire de leur pays. Un point de vue partagé par un tiers des Allemands.

Message de la reine au Royaume-Uni

Côté britannique, la reine Elisabeth II s’adressera ce vendredi soir à ses sujets pour sa deuxième allocution depuis le début la pandémie de coronavirus, a annoncé le gouvernement mercredi.

Après la diffusion de ce message préenregistré, sur les coups de 21h locales (20h TU) la population sera invitée à entonner We’ll meet again, célèbre chanson de la Britannique Vera Lynn destinée à remonter le moral des troupes.

Outre ce discours de la reine, son fils le prince Charles lira un extrait du journal du roi George VI datant du 8 mai 1945.

En raison de la pandémie, plusieurs événements tels que des fêtes de rues, une procession de vétérans, ou la diffusion dans des lieux publics du discours de victoire de Winston Churchill ont dû être annulés.